Une fusillade était en cours vendredi dans un quartier musulman de
New Delhi entre des policiers et des islamistes présumés, ont annoncé
des médias locaux, près d'une semaine après des attentats dans la
capitale indienne. D'après l'agence officielle Press Trust of India,
deux militants musulmans sont morts dans ces affrontements armés dans
le sud de New Delhi, dans le quartier de Jamia Nagar. La chaîne
d'information en continu NDTV parle de deux "terroristes" tués lors
d'un "redoutable échange" de coups de feu autour d'une maison où sont
retranchés ces combattants fondamentalistes présumés.
La zone, proche d'un grand hôpital, a été
entièrement bouclée par les forces de l'ordre, et les télévisions
montraient une foule de policiers, de journalistes et de curieux. La
fusillade a apparemment éclaté lorsque des membres des forces de
l'ordre ont commencé à chercher à Jamia Nagar des suspects probablement
impliqués dans une vague d'attentats en Inde ces derniers mois.
Les attaques à la bombe perpétrées samedi soir contre
des quartiers commerçants et touristiques de la capitale fédérale New
Delhi ont été revendiquées par une organisation islamiste locale, les
Moudjahidine indiens (MI). Les cinq bombes ont fait 24 tués et une
centaine de blessés.
Polémique sur les carences de la politique antiterroriste
Des portraits-robots de suspects ont été rendus publics cette semaine
et deux hommes ont été identifiés, lesquels étaient déjà recherchés
pour seize attentats commis en juillet à Ahmedabad, dans l'État du
Gujarat, dans l'ouest. Les mystérieux Moudjahidine indiens avaient déjà
revendiqué ces attentats du Gujarat, ceux en mai à Jaïpur (État
touristique du Rajasthan, nord-ouest) et des attaques coordonnées en
novembre 2007 dans trois villes de l'Uttar Pradesh, dans le nord. Plus
de 150 personnes ont ainsi perdu la vie en moins d'un an.
Le carnage de New Delhi le 13 septembre attise
une polémique en Inde sur les carences de la politique antiterroriste
de cette puissance économique émergente, frappée en moyenne tous les
trois mois par des attentats. Le gouvernement fédéral a reconnu jeudi
que ses services de renseignement n'étaient pas à la hauteur face à une
menace "terroriste" incarnée dorénavant par des groupes islamistes
indiens et non plus seulement par des organisations radicales venues du
Pakistan ou du Bangladesh voisins