Comme l’an passé, Robin Soderling (n°5) s’est qualifié pour la finale des Internationaux de France à l’issue d’une victoire en cinq sets. Le Suédois a battu le Tchèque Tomas Berdych (n°15) 6/3, 3/6, 5/7, 6/3, 6/3 en 3h27.
"Quand je suis arrivé ici, je pensais seulement à passer le premier tour. Et me voici encore en finale ! C’est le meilleur rêve que je puisse faire." Bonheur et émotion se sont entendus dans la voix de Robin Soderling au micro de Cédric Pioline à l’issue de sa qualification difficile contre Tomas Berdych. Car l’affaire a mis du temps à se dessiner. Et quand, après près de 3h30 de jeu, le Tchèque a commis une dernière faute (la 42e) en revers, c’est en effet du soulagement plus que de la joie qui s’est lue sur le visage du Suédois.
Il y a un an, le protégé de Magnus Norman avait eu toutes les peines du monde à passer l’obstacle Fernando Gonzalez. Mené 4-1 et 15-30 sur son service au 5e set par le Chilien, le Scandinave avait fini en trombe, alignant les cinq derniers jeux du match.
Gêné par le soleil
Cette fois, après un premier set mené tambour battant (6/3 en 30 minutes, le premier perdu par Berdych depuis le début du tournoi), la machine Soderling s’est déréglée, notamment au service, dans les deux manches suivantes. Gêné par la luminosité lorsqu’il a servi face au soleil, le Viking a ainsi cédé trois fois son engagement à cette occasion. Et même s’il a effacé un break de retard au 3e set, cela a été en vain.
En pleine confiance, récitant son joli tennis académique, Berdych n’a pas manqué l’occasion de passer en tête. A 6-5 au 3e set, le tombeur d’Andy Murray a ainsi frappé quatre aces (21 au total) pour se détacher 3/6, 6/3, 7/5.
Pralines et caramels pour le goûter
Toujours puissant, mais imprécis, Soderling s’est retrouvé en grand danger en devant écarter une balle de break d’entrée de 4e manche (ace à 206 km/h !). Le finaliste du tournoi 2009 s’est alors remué, sautillant entre les points pour retrouver de la mobilité. Inversement, Berdych a perdu de sa superbe. Et au 6e jeu, Robin a réussi à passer en tête 4-2. Cette avance, il ne l’a plus lâchée. Après 2h47 de jeu, un coup droit gagnant blanchissant le croisement de la ligne de fond de court et celle de couloir lui a permis d’égaliser.
Il était alors 16h02. L’heure d’offrir aux spectateurs un goûter constitué de pralines et autres caramels que les deux poids lourds du jeu (1,93 m et 87 kg pour Soderling, 1,96 m et 91 kg pour Berdych) n’ont eu de cesse de s’envoyer pendant cette demi-finale.
Retrouvailles avec Nadal ?
Mais après un échange de breaks, Soderling a continué de prendre doucement et sûrement le contrôle du match. Emoussé, Berdych n’a plus eu le même rendement au service. Mené 3-2 (sans break), le Viking a alors remporté les quatre derniers jeux du match !
Voici donc le tombeur de Federer en finale pour la deuxième année consécutive. Alors plutôt Nadal, qu’il avait été le premier à battre l’an passé sur la terre battue de Roland-Garros, ou Melzer ce dimanche ? "Nadal, a-t-il rigolé au micro de Cédric Pioline avant de poursuivre. Non, non. Nadal et Melzer sont deux grands joueurs et ça sera un match très difficile." Vivement dimanche.
Par Benjamin Waldbaum (www.rolandgarros.com)