(images et video www.rolandgarros.com)
Malgré une étonnante absence en fin de match, Rafael Nadal a réussi son meilleur match depuis le début du tournoi, pour battre Jürgen Melzer et se qualifier pour sa quatrième finale (6/2, 6/3, 7/6 en 2h09). La cinquième couronne se rapproche…
Nerveux (de son propre aveu) face à Gianni Mina, inconstant contre Bellucci et Almagro, Rafael Nadal a attendu les demi-finales pour sortir le grand jeu. Comme si le retour du grand soleil à Roland-Garros avait des effets énergisants, sur lui. En tout cas, il a un impact positif sur son lift. Ce n'est pas Jürgen Melzer, qui a dégusté de ce coup droit bondissant pendant un peu plus de deux heures, qui dira le contraire…
Pour cette première demi-finale 100% gauchère depuis un Leconte-Korda datant de 1992, on a eu droit à des échanges plus variés que lors de la première demi-finale. Soderling-Berdych, c'était bim bam boum. Nadal et Melzer, eux, ont régalé les 15 000 spectateurs de quelques échanges savoureux, entre amorties, contre-pieds et duels près du filet.
Plein la vue
Mais c'est quand même à la force du poignet que Nadal s'est imposé. Au premier set, il a fait cavalier seul, assommant l'Autrichien de ses coups droits aux angles impossibles (6/2 en 29 minutes).
Melzer a alors tenté le tout pour le tout. D'abord, on ne bat pas Ferrer et Djokovic dans le même tournoi par hasard. Ensuite, l'élève de Joakim Nyström a plusieurs cordes à son arc. Il sait faire beaucoup de choses. L'Autrichien s'est essayé au service-volée. Et même au retour-volée, crime de lèse majesté. Le temps d'ajuster ses retours et ses passings et Nadal a vite repris sa domination.
La drôle de double-faute
A 6/2, 6/3, 5-3, Nadal s'est rapproché à deux points d'un succès facile. Mais à 5-4, au moment de servir pour la victoire, le n°2 mondial a connu une étonnante absence. Stressé, il a perdu son jeu blanc, en commettant une horrible double-faute, sa deuxième balle, boisée, touchant le sol dans son propre camp ! Incroyable… "Rafa" lui-même, incrédule, a préféré en sourire.
Pour sa première demi-finale en Grand Chelem, à 29 ans, Melzer a alors enflammé le public en tentant des coups de poker. Il a même mené 4 points à 3 dans le tie-break, après une nouvelle double-faute de l'Espagnol.
Vivement dimanche…
Mais le champion s'est ressaisi pour aligner trois points de suite et conclure finalement à sa troisième balle de match, sur une dernière faute adverse en coup droit (8 points à 6 dans le tie-break). Finalement, le bilan est lapidaire. Malgré ce drôle de dernier quart d'heure, Melzer en a pris plein la vue, et pas seulement à cause de la tenue colorée de "Rafa".
Nadal-Soderling sera donc l'affiche de la grande finale. On en salive à l'avance. Il y aura comme un air de revanche, même si "Rafa" n'aime pas parler de ça. Il y aura aussi, probablement, une atmosphère électrique. Le Suédois est le seul à avoir battu le Majorquin à Roland-Garros. Il y aura des coups droits gagnants aussi. Ça, c'est une certitude…