Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, pendu au téléphone, a perturbé samedi matin une cérémonie réunissant les 28 chefs d'État et de gouvernement de l'Otan sur les rives du Rhin. Arrivé à Kehl, sur la rive allemande, Silvio Berlusconi est sorti de sa limousine le portable rivé à l'oreille, poursuivant une conversation au lieu de se diriger vers la chancelière allemande Angela Merkel qui l'attendait sur le tapis rouge. Angela Merkel, un léger sourire posé sur les lèvres, a alors continué à recevoir ses hôtes, renonçant finalement à débuter la cérémonie avec le président du Conseil italien. Celui-ci s'est ensuite bouché une oreille du doigt pour mieux poursuivre sa conversation alors que retentissait la musique d'une fanfare, continuant à faire les cent pas le long du Rhin.
Accompagnée par ses pairs, la chancelière s'est finalement engagée sur la Passerelle des deux Rives, pont suspendu reliant Kehl à Strasbourg, sur la berge française, où les attendait le président français Nicolas Sarkozy. Silvio Berlusconi, surnommé "Il Cavaliere" en Italie, ne s'est engagé sur la passerelle que six minutes après le groupe, sans réussir toutefois à le rattraper. Il n'a rejoint les 27 autres chefs d'État et de gouvernement que pour la photo de famille finale, sur la rive française. Il a en revanche manqué celle organisée au milieu de la passerelle, lorsque le président Sarkozy est venu à la rencontre de ses homologues. Selon des sources gouvernementales citées par la presse italienne, Silvio Berlusconi parlait alors au téléphone avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, qu'il tentait de convaincre d'accepter la nomination du Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen, comme secrétaire général de l'Otan.
Absences répétées
Figurant sur le logo du sommet, le premier de l'histoire de l'Otan à se tenir sur le sol français, cette passerelle symbolise la co-organisation du sommet par Paris et Berlin pour marquer le 60e anniversaire de l'alliance et de l'amitié franco-allemande. Mais pour certains, elle représentait aussi un signal de la volonté des deux capitales de renforcer le "pilier" européen de l'Otan. Après leur traversée du Rhin sur ce pont suspendu piétonnier de 400 mètres inauguré en 2004, les 28 chefs d'État et de gouvernement ont participé à un hommage aux morts et aux blessés des opérations de l'Otan. Silvio Berlusconi, célèbre pour ses gaffes, était encore absent lors de la minute de silence.
Pour l'occasion, toute circulation fluviale avait été interdite sur le Rhin tandis que des vedettes de la police maintenaient une position stationnaire de part et d'autre de la passerelle, prêtes à toute éventualité. La cérémonie était placée sous très haute surveillance dans une ville quadrillée par les forces de l'ordre qui avaient repoussé dans la matinée quelques centaines de manifestants qui tentaient de rejoindre le centre-ville.