Il se réjouissait de rencontrer son « pote » suisse Wawrinka au troisième tour. Il imaginait déjà une revanche contre Federer en huitième de finale. Sorti dès le deuxième tour par l’Italien Fognini en cinq sets (2-6, 4-6, 7-5, 6-4, 9-7), on s’attendait donc à trouver Gaël Monfils atteint un minimum. Pas du tout.
« C’est le sport, j’ai fais ce que j’avais à faire », a indiqué très vite l’intéressé, à court de préparation et dans des dispositions d’esprit peu favorables.
Demi-finaliste 2008, quart-de-finaliste l’an passé, Monfils disparaît prématurément, mais somme toute assez logiquement, au terme de son affrontement étalé sur deux jours contre Fabio Fognini (23 ans, 92e mondial) après avoir mené mercredi deux sets à rien puis 4 jeux à 1. La cinquième manche interrompue à 5-5 par la nuit se solde au final par une victoire de l’Italien 9-7. Le Français, qui avait sauvé mercredi trois balles de match, n’a jamais vraiment paru en mesure de transformer le sursis de la veille en délivrance, malgré deux balles de break en sa faveur. «Quand on n’est pas en confiance, on prend moins de risque, c’est humain, remarque-t-il. J’ai donné ce que j’avais. Je n’ai pas d’états d’âme à avoir. J’ai simplement perdu contre plus fort que moi ».
Guy Forget, capitaine de l’équipe de France, se montre presque plus attristé : « On ne peut pas laisser passer autant d’occasions. C’est très frustrant de le voir incapable de jouer son jeu sur la durée. D’habitude, Gaël a un bazooka dans les mains. Là, c’était des fléchettes ! »
« On sentait Gaël tendu, regrette aussi Richard Warmoes, son premier entraîneur. Fognini est davantage allé chercher le match. Pour autant, je reste persuadé que Gaël gagnera ce tournoi un jour. » Monfils partage lui-même cet optimisme. « J’avance avec mon temps, glisse-t-il. Je sais que ça le fera un jour. Je suis un joueur qui a beaucoup de lacunes à gommer. C’est en perdant que je vais apprendre ». Et toujours prêt à surprendre, il enchaîne : « Ça fait longtemps que je n’avais pas pris un tel plaisir ! Lorsque la nuit est tombée mercredi soir, j’étais perdu mais c’était mythique ! C’est pour ça que je ne regrette rien. J’ai perdu mais j’ai vécu une super expérience. La vrai déception, c’est que Roland-Garros est fini... » Ouf, il l’a quand même dit...
Le Parisien