Comme ils ont l’air heureux, le Président Français et le Premier Ministre britannique. Comme des collégiens qui viennent de faire une gigantesque farce en punissant les banquiers. Hier au Parlement britannique, Alistair Darling, le Chancelier de l’Echiquier (Ministre des Finances) et Gordon Brown, qui sont en concurrence pour le titre du plus mauvais gestionnaire de la crise financière ont annoncé que les bonus au-delà de 25.000 euros seraient taxés pour l’année à venir a 50%.
On les a bien eus ces banquiers…Il faut dire que Gordon Brown est tellement bas dans les sondages que tout est permis pour tenter désespérément de ne pas faire des élections de l’an prochain les pires du parti travailliste.Le Président français qui prétend réguler la City par Michel Barnier interposé emboite le pas au premier ministre britannique. Mais ne nous arrêtons pas à leurs motivations.
Annoncer que l’on va « récupérer » un milliard d’Euros grâce à cet impôt est de la fanfaronnade. Les banquiers sont déjà occupés à organiser des systèmes en tous genres pour éviter cette taxation. Ce sera un jeu d’enfant, même si ce sera un peu pénible pour les mois à venir. Je puis au moins imaginer une dizaine de moyens d’y arriver. La City a d’ailleurs vu venir le coup en augmentant les salaires et diminuant les bonus.
Parce qu’évidemment, cela donne l’impression de punir les horribles banquiers ! Mais l’ennui, c’est que c’est mal visé… C’est évidemment au niveau des banques et pas des banquiers qu’il fallait agir. La taxation légitime des superbénéfices que les banques encaissent grâce aux taux d’intérêt très bas et aux divers plans de relance eut été éthique et efficace.
Ethique parce qu’elle aurait effectivement évité ce qu’il faut bien reconnaitre les bénéfices choquants d’une année exceptionnelle dans les marchés de capitaux et sur les marges d’intérêt. On aurait donc attaqué à la racine ces profits exceptionnels et diminué dès lors la masse des bonus. Le résultat eut évidemment diminué les rémunérations, mais pour des raisons économiques et financières, et pas pour « les punir ».
Si l’éthique ne suffit pas, l’efficacité aurait évidemment du amener une mesure plus intelligente. Personne n’est obligé de toucher des bonus, et certainement pas en cash. Tandis qu’il est difficile de cacher ces bénéfices qui posent un problème : ils se situent dans un contexte ou les institutions financières doivent leur survie a des interventions massives du contribuable. Il faut rendre à César ce qui est à César.
Mais cela se vend moins bien : une fois de plus, nous sommes au niveau de l’effet d’optique plutôt que sur la substance. Nos chers politiciens sont décidément indécrottables. Et ils croient que nous sommes dupes ? Nous prennent-ils tous pour des imbéciles ?
En tous cas, tout cela continue à maintenir une image d’improvisation et d’amateurisme. Et en écrivant ce post à l’aéroport de Bombay en route ver Dubai et Paris, je regarde la remise du prix Nobel de la Paix au Président Obama. Quel homme d’Etat…