Grâce à un ultime arrêt de sa gardienne Valérie Nicolas à 30 secondes du coup de sifflet final, l'équipe de France a préservé sa victoire (26-25) sur la Corée du Sud dans le match de classement pour la cinquième place du Mondial féminin dimanche après-midi au Palais Omnisports de Paris Bercy.
Cette place, qui était l'objectif affiché par la délégation française avant le tournoi, vaut de l'or dans la perspective de la qualification pour les Jeux Olympiques de Pékin. Elle permettra en effet à la France d'organiser l'un des trois tournois pré-olympiques. Les deux meilleures équipes de chaque tournoi iront à Pékin en 2008. Celui de la France rassemblera la Corée du Sud, le Qatar et le futur vice-champion d'Afrique.
Pour les Bleues, qui rêvaient d'un meilleur sort dans cette compétition dont elles ont été sorties en quart de finale par la Roumanie, ce dernier rendez-vous ne fût pas des plus faciles à négocier. Avec son jeu atypique, la formation asiatique, médaillée d'argent à Athènes, a rarement réussi à la France qui ne l'avait plus battue depuis les JO de Sydney.
"La cinquième place, c'est aussi la place du coeur pour le public qui nous a soutenus", a expliqué Olivier Krumbholz, entraîneur tricolore. "Cela a donné aux filles des ressources parce qu'aujourd'hui on était encore à l'agonie. On trouvait pas de solutions et c'est repasser comme d'habitude par la défense et la gardien".
Le premier quart d'heure était très équilibré (5-6). La défense très haute et étagée de la Corée du Sud gênait incontestablement l'attaque tricolore mais celle-ci se rattrapait par l'efficacité des contres. Le camp coréen comptait sur la mobilité de ses petits gabarits et la précision de Sunhee Woo, sa meilleure réalisatrice du tournoi avec 50 buts au compteur en neuf matches.
Les deux équipes prenaient alternativement les commandes mais aucune ne parvenait à avoir plus d'un but d'avance. Les Coréennes arrivaient à se procurer un peu plus d'occasions mais une fois de plus Valérie Nicolas était assez en réussite pour suppléer sa défense (9 arrêts sur 22 tirs en 1ère période). Les Coréennes viraient en tête avec un but d'avance (12-13).
Les Bleues mettaient un temps fou à rallumer le moteur au retour sur le parquet. Les vice-championnes olympiques en profitaient pour prendre le large (12-16, 33e) avant que la capitaine tricolore Stéphanie Cano ne débloque le compteur de son équipe après quatre minutes stériles.
La Corée du Sud continuait de mener avec un avantage variant entre deux et quatre buts d'autant que les Françaises, énervées par les décisions arbitrales et quelques provocations coréennes, se montraient fébriles au moment de conclure. Debout devant son banc, Olivier Krumbholz trépignait d'impatience.
Les Bleues profitaient cependant d'une supériorité numérique pour revenir à une longueur (19-20) alors qu'il restait un quart de suspense sur le parquet de Bercy.
La France proposait alors une défense plus haute qui perturbait l'adversaire mais les débats restaient terriblement âpres et serrés. La France reprenait enfin l'avantage par Raphaëlle Tervel (24-23, 53e) alors qu'il y avait un bon petit moment que les plus expérimentées du groupe tricolore, comme Tervel ou Véronique Pecqueux-Rolland, avaient pris la barre du bateau.
Elles la gardaient jusqu'à la fin avec encore deux buts d'Isabelle Wendling, la joueuse française la plus capée avec 328 sélections depuis ses débuts internationaux en 1993. La France comptait alors 26 buts mais il fallait encore un exploit de Valérie Nicolas sur un jet de sept mètres pour empêcher les Coréennes d'accrocher les prolongations alors qu'il restait trente secondes à jouer. AP