
Deuxième incursion turque en Irak en moins d'un mois afin de déloger les rebelles du PKK. Dimanche matin, l'aviation d'Ankara, appuyée par l'artillerie turque, a pilonné des villages situés sur le massif du Qandil, dans la région autonome du Kurdistan irakien aux confins des frontières de la Turquie et de l'Iran. Cette zone montagneuse, boisée et très escarpée, sert de repaire aux rebelles kurdes en lutte contre Ankara.
Il est possible que cette opération militaire ne soit pas isolée. le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a estimé «réussie» ces frappes et réaffirmé qu'Ankara était prêt à utiliser les moyens diplomatiques, économiques et militaires pour mettre en déroute les rebelles. «De telles opérations vont se poursuivre si nécessaire», a précisé le vice-premier ministre turc Cemil Cicek.
Les rebelles ont annoncé que les frappes avaient fait cinq morts dans leurs rangs et tué deux civils. Les bombardements ont endommagé plusieurs ponts qui relient les villages dans cette région difficile d'accès. Les villageois se sont réfugiés dans des localités voisines et des grottes. «Ils ont perdu tous leurs biens» a déploré un responsable local qui assure que si des bases du PKK étaient bien implantées dans la région, elles se trouvaient loin des villages qui ont été touchés.
L'armée a souligné que l'opération était dirigée contre le PKK dont près de 3000 membres seraient basés dans le nord de l'Iraq, et non contre la population civile. La présidence de la région autonome kurde a elle «fermement condamné» cette opération qui «viole la souveraineté irakienne et semble soutenue par les Etats-Unis». La communauté internationale est d'ailleurs restée muette sur le sujet.