Pour la première fois depuis la chute de Hosni Moubarak, le peuple égyptien était appelé aux urnes, samedi 19 mars, pour se prononcer sur une révision de la Constitution. Il s'agit d'une premier étape dans le cadre du projet de transition décidé sous l'égide de l'armée.
Les principales modifications proposées concernent les mandats présidentiels, qui doivent être limités à deux mandats maximum de quatre ans chacun, et l'assouplissement des conditions de candidature à la magistrature suprême.
"ILS VIENNENT NOMBREUX"
Devant de nombreux bureaux de vote au Caire, les files d'attente étaient impressionnantes, beaucoup plus que lors du temps des scrutins habituellement entachés de fraudes massives sous Moubarak. "Les gens ont le sentiment que ces élections sont propres, et bien sûr ils viennent nombreux", a indiqué le juge Mohamed Fadel, en charge d'un des bureaux de vote de la ville, assurant qu'il s'agissait de "la plus forte participation qu'il ait jamais vue". "Avant, c'était joué d'avance, alors on s'épargnait le trajet", explique Magda Malak Salib, une habitante du Caire.
Tous les nouveaux acteurs politiques en Egypte ne sont pas d'accord sur le principe de cette révision constitutionnelle. Ceux qui sont favorables à une transition rapide, avec des changements limités de la Constitution, s'opposent à ceux qui plaident pour une nouvelle loi fondamentale, quitte à prendre plus de temps.
"PEU IMPORTE QUE LES GENS VOTENT OUI OU NON"
Mohamed ElBaradei fait partie du deuxième groupe, lui qui fustige des amendements ne portant que sur des "détails sans importance". A l'inverse, le chef de la Ligue arabe, Amr Moussa, estime que le plus important "c'est que les électeurs se déplacent". "Peu importe que les gens votent oui ou non (...) Nous avons besoin d'une nouvelle Egypte". Les Frères musulmans sont sur la même ligne, estimant qu'une révision partielle permettra de "passer d'une période de transition à une période de stabilité".
Si la révision l'emporte, l'armée entend passer rapidement à l'organisation d'élections législatives et présidentielle, en principe sous six mois. En cas de rejet, les militaires ont fait savoir qu'ils feraient une "déclaration constitutionnelle limitée" pour organiser la suite de la transition promise vers la démocratie, sans donner plus de détails.
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