Bernard Tapie, poursuivi pour le renflouement litigieux de deux de ses sociétés au début des années 1990, a été relaxé vendredi par le tribunal correctionnel de Paris. Il s'agissait de son dernier dossier pénal de l'homme d'affaires, absent lors de ce jugement.
Lors de l'audience du 11 février, le ministère public avait requis la relaxe, estimant que l'infraction de banqueroute n'était plus caractérisée".
"Cette relaxe était attendue depuis 15 ans. Le tribunal a considéré qu'il n'aurait jamais dû être là et il n'y aurait jamais dû y avoir une liquidation judiciaire", s'est réjoui Me Maurice Lantourne, avocat de Bernard Tapie pour qui il s'agissait "d'une chasse à l'homme".
Son autre avocat, Me Hervé Témime, va même plus loin: Bernard Tapie "a fait objet d'un règlement de compte politique et ce dossier a été pour lui un frein pour ses affaires et sa vie politique". Selon lui, cette relaxe est avant tout "une réhabilitation sur la responsabilité" du Crédit Lyonnais.
L'homme d'affaires était poursuivi pour avoir continué à renflouer par l'emprunt deux de ses sociétés, Groupe Bernard Tapie (GBT) et Financière immobilière Bernard Tapie (FIBT), qui se trouvaient en état de cessation de paiement. M. Tapie a toujours considéré que ses sociétés n'auraient pas été mises en faillite -donc qu'il ne serait pas poursuivi pour banqueroute- s'il n'avait pas été floué par le Crédit Lyonnais à l'occasion de la vente d'Adidas.
Depuis, le tribunal arbitral chargé de régler le litige opposant l'ancien ministre et le Consortium de réalisation (CDR), chargé de gérer le passif du Crédit Lyonnais, à propos de la vente d'Adidas a finalement tranché en 2008 en faveur de l'ancien homme d'affaires, condamnant le CDR à lui verser 285 millions d'euros.
"Le Crédit Lyonnais a commis des fautes graves dans la vente d'Adidas et a été condamné à payer Bernard Tapie. La banque est allée au-delà de son rôle selon le tribunal de commerce", a rappelé le procureur Patrice Amar lors de l'audience en février dernier où l'homme d'affaires était absent. En décembre dernier, le tribunal de commerce avait décidé la révision de la liquidation des deux sociétés survenue en 1994. AP