Yannick Noah n'a pas le don d'ubiquité. C'est pourquoi il s'est rendu à Cannes, vendredi 21 janvier, pour enregistrer sa prestation aux NRJ Music Awards. Elle sera retransmise à la télévision, samedi 22 janvier. En effet le chanteur ne peut pas participer à la cérémonie, en direct, car il donne un concert le même soir à Rennes au MusikHall.
Lors de son passage dans le sud de la France, il a fait un crochet par la rédaction de Nice Matin. Là, il a évoqué sans tabou, dans une langue affranchie, les sujets qui le préoccupent. Si le tennis et la musique demeurent ses ports d'attache artistiques, Yannick Noah apparaît aussi comme un artiste engagé, dont le regard sur la politique fait souvent mouche.
Alors pourquoi ne pas envisager une carrière politique, l'interroge un lecteur ? La réponse de la personnalité préférée des Français fuse : "Moi, je suis bien là où je suis. Je pense que se lancer en politique, c'est vendre son âme. La motivation première des hommes politiques est plutôt saine, mais ils sont obligés à tellement de compromissions pour arriver au pouvoir ! Quand je regarde un de ces mecs dans les yeux, je sens qu'il m'embrouille. Je n'ai pas envie de faire partie de cette bande de voleurs. Quand je vois d'anciens sportifs qui se sont lancés en politique, je suis affligé. Quand ils entrent dans un ministère, ce ne sont plus les mêmes." A qui songe-t-il en tenant ces propos ? David Douillet ? Bernard Laporte ?
Le chanteur n'en dira pas plus mais préfère s'étendre sur ses sensibilités politiques : "Une chose est sûre, je suis contre ce qui se passe actuellement. Ensuite, je vais voir pour qui je vais voter car je ne sais pas encore qui se présente. Moi, je ne suis pas de gauche, je ne suis pas droite, mais ça fait vingt ans que je vote à gauche. Ça va mieux avec ce que je suis et ce que je fais. Moi, je vois ceux qui me donnent pour mes associations ou pas. Pour moi, c'est l'action, c'est le terrain qui parle."
Quant à sa formule restée en mémoire "Si Sarkozy passe, j'me casse", il explique aujourd'hui, avec du recul : "A ma grande tristesse, il est passé. Je me suis quand même cassé après, à New York, mais pour d'autres raisons. J'ai quand même une responsabilité vis à vis de mes associations. La vérité, c'est que je ne suis pas parti payer mes impôts aux Etats-Unis, je les ai toujours payés ici. Et je reviens bosser en France avec toujours les mêmes convictions, face à la confirmation de ce que je craignais. Marine Le Pen existe, le FN remonte, c'est marrant. Mais en même temps, la création d'un ministère de l'Identité Nationale et nous imposer un débat là-dessus, fallait quand même le faire ! Alors quoi ? Je vais donc voter, et je vais m'exprimer."
D'autres chanteurs ne seront pas en direct à la cérémonie musicale présentée par Nikos Aliagas. Mylène Farmer et les Black Eyed Peas ont également enregistré leur chanson en amont.
(Photo © ABACA)