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Une vraie primaire ou adouber DSK? Le débat est ouvert au PS

Difficile de supprimer purement et simplement la primaire socialiste. Mais dans un contexte politique périlleux, l'hypothèse d'un processus d'adoubement de Dominique Strauss-Kahn, toujours le mieux placé dans les sondages, semble gagner du terrain au sein du PS.

Le Choc provoqué par les sondages Harris Interactive, qui, bien que controversés, confirment la percée de l'extrême droite, a offert l'occasion aux partisans de M. Strauss-Kahn d'émettre publiquement leurs doutes sur la primaire.

Voté par les militants socialistes en octobre 2009, ce processus inédit vise avant tout à régler le problème de leadership récurrent du PS en confiant à tous les sympathisants de gauche le soin de choisir leur champion pour la présidentielle.

lui qui est le plus à même de l'emporter, ont déclaré en substance les partisans de Dominique Strauss-Kahn.

"Le risque de ne pas être présent au second tour est pris au sérieux, au-delà du cercle des strauss-kahniens. Ca conforte la candidature DSK", estime le politologue Gérard Grunberg.

Le patron du FMI n'est pas encore candidat et, contraint à un strict devoir de réserve, garde le silence sur ses intentions. Mais une chose semble claire, selon M. Grunberg: "Dominique Strauss-Kahn n'a pas très envie d'une primaire".

Un strauss-kahnien le reconnaît d'ailleurs: "DSK est un formidable candidat de présidentielle, pas de primaire. Et le souvenir de la compétition de 2006 DSK et Laurent Fabius avaient été battus par Ségolène Royal) reste cuisant".

"Evidemment, il voudrait que son retour soit une évidence absolue, il aimerait rentrer sur un char romain", grince un membre de la direction du PS.

Annuler purement et simplement la primaire, comme le réclame le président socialiste de la région PACA Michel Vauzelle, apparaît difficile, voire impossible.

Le chantier technique --cartographie des bureaux de vote, collecte des listes électorales, location de salles...-- pour ce scrutin prévu les 9 et 16 octobre est lancé. Et l'on n'imagine pas le PS, qui vante depuis des mois "un formidable mouvement démocratique, le premier acte de la présidentielle", revenir sur un processus voté par ses militants.

En revanche, l'hypothèse d'une primaire de "confirmation", concept forgé par le député Claude Bartolone, qui avait déclenché un tollé en septembre, fait son chemin.

"Plus il y aura de candidats, moins les gens viendront, car ils veulent l'unité du PS et non trancher ses problèmes de leadership. En revanche, si la primaire vise à mettre en situation le ou la candidate le plus apte à battre Sarkozy et à présider le pays, les électeurs viendront nombreux pour armer leur champion", prévoit le fabiusien Guillaume Bachelay.

"Veut-on organiser une primaire pour DSK ?", ironise Stéphane Le Foll, proche de François Hollande. La très probable candidature de l'ex-patron du PS, en hausse dans les sondages, est vue d'un mauvais oeil par les amis de M. Strauss-Kahn, car il laboure les mêmes sillons que leur champion.

Pour le porte-parole de Ségolène Royal, Guillaume Garot, le But est "d'amener les uns et les autres à renoncer" à concourir aux primaires.

"La vraie question, c'est ce qu'on a de concret à proposer aux Français", dit-il, affirmant que sa candidate ira "jusqu'au bout".

Le député de Saône-et-Loire Arnaud Montebourg et le député maire d'Evry Manuel Valls sont eux aussi candidats.

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