«Jo-Wilfried Tsonga, que ressentez-vous après cette première victoire à Roland-Garros ?
C'est un sentiment de bonheur. J'attends depuis un moment cette victoire. J'attends depuis un moment de pouvoir jouer ici. Voilà, cela a démarré. Cela fait un mois que je suis dans les starting-blocks pour ce tournoi. Je suis très content de ce que j'ai fait même si le tennis n'était pas spécialement là et le spectacle n'était pas spécialement là, mais c'était un peu en raison des conditions. Maintenant je vais avoir un prochain tour qui va être plus facile à aborder psychologiquement.
Après la balle de match, quelles sont vos pensées ?
Ouf (sourires). La première pensée est que je ne me suis pas trompé. Tout ce que j'ai fait était dans le bon état d'esprit et j'arrive ici frais. Malgré les frustrations que j'ai pu avoir sur le terrain qui m'ont couté beaucoup d'énergie, je sors du match en étant capable d'aller courir encore deux ou trois heures. Je suis bien.
Que symbolise la cravate que vous portez ?
Cela montre que c'est important pour moi. C'est ma première victoire ici, une première sur le central. C'est un soulagement et cela m'encourage à continuer sur cette voie. J'ai fait des bons choix ces derniers temps. D'autre part, je me dis qu'il existe un dress code dans les autres sports comme le basket. Pour le tennis, c'est bien de montrer qu'on peut avoir aussi une certaine éthique. L'éthique, c'est important. On a des tournois magnifiques, il faut respecter tout ça. Au départ, je voulais venir en smoking, mais mon équipementier n'a pas voulu. J'ai donc trouvé la parade (sourires).
Au deuxième tour, c'est noeud papillon...
Si je gagne au deuxième tour, il n'y a pas de problème, je mets ce que vous voulez. Pas le string léopard (rires).
Pour revenir au match, comment l'avez-vous vécu ?
Pour moi, ça compte, c'est important de débloquer le compteur. Tout était réuni pour que cela soit un peu dur pour moi. Il y avait beaucoup de vent, c'était gênant pour mon service et mon coup droit. J'avais un adversaire qui m'avait battu plusieurs fois et qui me gêne beaucoup. J'étais très frustré par le vent, mais mon jeu commence à être de plus en plus performant. A chaque sortie, je suis de mieux en mieux. Pour tous ceux qui sont un peu blasés et qui pensent que je ne peux pas jouer sur terre, je vais essayer de leur prouver que je suis là.
Est-ce votre meilleur match sur terre ?
Ce n'est pas le match dont je suis le plus content. Je suis content d'avoir gagné. Mais j'ai très bien joué lors de mes trois derniers matches, il n'y avait pas grand-monde, c'est vrai. C'est ce qui me pousse à croire que je peux faire quelque chose ici.
Avez-vous changé de raquette ?
Je trouvais que je manquais un peu de longueur avec mon ancienne raquette. J'ai donc une raquette qui me convient un peu mieux sur cette surface. Cela fait deux ou trois semaines. C'est vraiment dans le but d'optimiser mon jeu sur terre battue. Ce n'est pas dit que je reste toujours avec celle-là. Je rechangerai peut-être après pour le dur.
Vous êtes apparu très agacé.
J'étais très agacé à mon grand désarroi. J'aimerais être un peu plus serein. Mais ce sont des courts où je manque de repères et j'ai envie de très bien faire. A chaque fois que je rate, cela m'agace un peu. Il va falloir que je gomme tout ça pour les prochains tours et on aura du beau tennis.
Que pensez-vous de votre prochain adversaire ?
C'est un joueur redoutable sur cette surface. Il est très dur à manoeuvrer, il possède de très bonnes jambes. Cela va être difficile, mais je pense avoir un avantage psychologique sur lui depuis ma victoire en Australie. En étant pas très bien à Melbourne, j'ai réussi à lui faire mal et à le faire déjouer. Je pense pouvoir le gêner sur le central. »
Recueilli par Sophie DORGAN, à Roland-Garros