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Pourquoi l'avion de Sarkozy a couté plus cher que prevu ?!

Pressé d’avoir son avion, Sarkozy a acquis un
Airbus ancien au prix du récent…et a dû acheter des
moteurs neufs pour 23,4 millions d’euros

Nicolas Sarkozy,
pressé de renouveler la flotte gouvernementale, a acheté un avion
ancien au prix du récent. Rien de grave, s’il n’avait pas fallu in fine
acheter des moteurs neufs. Surcoût de l’opération, 23,4 millions d’euros, selon le rapport de la Cour des comptes, qui détaille le financement du nouvel A 330-200 de l’Elysée.

Petit retour sur une saga, débutée le 15 février 2008. Ce jour là, le chef de l’Etat major particulier de Nicolas Sarkozy notifie à Matignon
la décision de renouveler la flotte gouvernementale, avec une exigence
de délais : le nouvel avion du président doit être prêt à l’été 2010. De
cette exigence vont naître de considérables surcoûts.

Au lieu de lancer un appel d’offres
conforme au droit commun, la direction générale de l’armement a préféré
une procédure de marchés négociés avec mise en concurrence mais sans
publicité préalable, explique la cour des comptes. « Sur les trois
sociétés sollicitées, Airbus, Air France Industries et Sabena Technics,
les deux premières se sont désistées moins d’un mois après la réception
du dossier de consultation », écrit la Cour des comptes. Les risques
financiers et de délais étaient pour elle très importantes. C’est donc
la société Sabena Technics qui a remporté le marché, car elle savait qu’elle pourrait acquérir un Airbus A330-200 auprès d’une entreprise de location ILFC.

Vendu par ILFC 45 millions d’euros, l’avion est finalement acheté 50 millions d’euros par l’Etat. Premier surcoût identifié par la Cour des comptes, 5 millions d’euros.

Mais le plus gênant n’est pas là. L’Etat a acheté un avion mis en service en 1998 qui
totalisant 50 000 heures de vol, alors qu’Air France avait proposé en
avril 2008 d’acheter un Airbus A330-200 mis en service en 2003 et
totalisant 15 000 heures de vol pour un prix compris entre 46 et 50
millions d’euros. Dans son art consommé de la litote, le premier
président de la Cour des comptes, Didier Migaud écrit que « le prix payé par l’Etat a donc correspondu à la limite haute d’une fourchette applicable à un avion plus récent de cinq ans et ayant trois fois moins d’heures de vol ».

Bref, l’Etat a acheté du vieux au prix du récent, et cela a fini par lui coûter 23,4 millions d’euros. En effet, échaudé par des incidents intervenus sur les moteurs des vieux A319 gouvernementaux, l’Elysée a demandé de « fiabiliser » les deux moteurs de l’A330 « afin d’exclure tout risque de défaillance ». Le devis présenté par Sabena Technics
oscillant entre 23,7 et 30,1 millions d’euros, il a finalement été
décidé d’acheter des moteurs neufs pour un coût net de 23,4 millions
d’euros, ce qui a accru le coût du marché de 9,7%.

Tout compris, l’avion a finalement coûté 259,5 millions d’euros, contre 226 millions prévus initialement.

LeMonde

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