PARIS - Les fans de Johnny devront attendre avant de savoir si Stéphane Delajoux doit être jugé responsable des ennuis de santé de leur idole, la rockstar et son neurochirurgien donnant deux interprétations divergentes de l'expertise rendue jeudi.

Le neurochirurgien Stéphane Lajoux, le 10 avril 2010 à Paris
AFP/Archives/Miguel Medina
Dans ce rapport confidentiel que l'AFP a pu consulter, les deux experts considèrent que l'intervention réalisée le 26 novembre 2009 par le Dr Delajoux pour soigner la hernie discale du chanteur, alors âgé de 66 ans, a été "conforme aux règles de l'art", contrairement au "suivi et à la surveillance postopératoire".
Cinq jours seulement après son intervention, Johnny s'était envolé pour Los Angeles où, victime d'une infection consécutive à l'opération, il avait dû être hospitalisé en urgence et placé en coma artificiel.
Stéphane Delajoux avait été gravement mis en cause, notamment par l'ancien producteur du chanteur Jean-Claude Camus qui, contraint d'interrompre la tournée de la star, avait essuyé un énorme manque à gagner.
Se refusant à communiquer l'expertise, les avocats de Johnny et du Dr Delajoux se sont prêtés chacun à une interprétation restrictive du rapport.
Alors que Me Virginie Lapp, avocate du chanteur, a affirmé qu'il existait des "fautes et manquements caractérisés directement et personnellement imputables au Dr Delajoux", le conseil du praticien, Me Hervé Temime, a considéré à l'inverse que "l'information donnée à son patient et à son entourage médical n'a pu en rien contribuer au moindre préjudice subi" par Johnny Hallyday.
Selon le rapport de 88 pages, le Dr Delajoux a causé, lors de l'intervention, "une brèche dans la dure-mère", cette membrane des méninges qui entoure la moelle épinière, provoquant une fuite de liquide céphalo-rachidien, qui elle-même a entraîné une infection.
Une telle brèche "ne constitue pas une maladresse chirurgicale", notent les médecins. Mais "il est recommandé de garder le patient au repos au lit strict pendant 48 heures pour favoriser la cicatrisation", ce qui n'a pas été fait.
Selon le rapport, "le fait de ne pas avoir prescrit (ce) repos (...) et d'avoir laissé le patient se lever le lendemain et sortir le surlendemain n'est pas conforme aux règles de l'art et a entraîné une perte de chance de voir la brèche se tarir que l'on peut estimer à 75%".
Concrètement, le duo de médecins n'accuse pas le Dr Delajoux d'avoir failli, mais lui reproche de n'avoir fourni "aucun document permettant de prouver que M. Smet a été informé" correctement ou qu'il "quittait la clinique contre avis médical." Une information "insuffisante" qu'ils jugent "hautement regrettable".
Ce "défaut d'information" et "la perte de chance qu'il aurait engendrés, le Dr Delajoux les conteste", a indiqué jeudi son avocat. A ses yeux, "cette question ne pourra être tranchée que par les tribunaux lorsqu'ils seront saisis".
Pour Me Lapp, il est "acquis que les conditions de l'engagement de la responsabilité civile professionnelle du chirurgien sont à l'évidence remplies". Elle demande d'ores et déjà "que les responsables et leurs assureurs procèdent rapidement à l'indemnisation des préjudices découlant des dommages personnels subis et des souffrances endurées".
Dorénavant deux options se présentent, a expliqué l'avocate à l'AFP. Soit les assureurs du médecin et du chanteur parviennent à une négociation pour indemniser les préjudices subis, soit Johnny engagera une action devant la justice afin de voir reconnue la responsabilité de Stéphane Delajoux.
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