Bien que les liens entre les Etats-Unis et leur allié israélien soient "incassables", le président Obama a prévenu, lundi 20 juin, que des "désaccords tactiques" pourraient apparaître dans les prochains mois et qu'ils menaceraient la relation américano-israélienne.
M. Obama s'exprimait lors d'une soirée organisée par les "amis démocrates d'Israël" afin de lever des fonds pour la campagne présidentielle de l'année prochaine. "Les Etats-Unis comme Israël vont devoir regarder ce nouveau paysage avec un regard neuf", a déclaré le président américain en évoquant le changement de donne diplomatique dans la région induit par le "printemps arabe".
"Continuer à faire les même choses que nous avons faites en espérant que cette fois-ci cela fonctionne, ça ne va pas être suffisant", a-t-il avancé. "Il va nous falloir faire preuve d'imagination et il va falloir nous engager. Il va falloir que nous mettions en avant les meilleures impulsions au Moyen-Orient et que les moins bonnes soient anéanties".
ISRAËL "GÉNÉREUX"
M. Obama s'est prononcé le 19 mai pour la première fois en faveur de pourparlers pour un Etat palestinien sur la base des lignes de 1967, c'est-à-dire couvrant la Cisjordanie, Jérusalem-Est et la bande de Gaza, moyennant des échanges de territoires négociés avec Israël, ce qu'a rejeté Israël. En dépit des objections américaines, les Palestiniens maintiennent le cap vers une demande de reconnaissance de leur Etat à l'ONU en septembre, estimant envolées les chances de négociations après les déclarations de Benyamin Nétanyahou.
M. Nétanyahou a tracé fin mai une série de lignes rouges, exigeant des Palestiniens l'abandon inconditionnel de Jérusalem-Est et du droit au retour des réfugiés, la reconnaissance d'Israël comme Etat juif et l'acceptation d'une présence militaire israélienne de longue durée. Mais il a assuré qu'Israël se montrerait "généreux" quant à la superficie de leur Etat.
LeMonde