
PARIS (AFP) — Le président américain Barack Obama a regagné dimanche les Etats-Unis assuré d'avoir amélioré les relations avec le monde musulman, au terme d'une importante tournée au Proche-Orient et en Europe, mêlant commémorations historiques et intenses efforts diplomatiques.
Barack Obama, qui s'est rendu en Arabie saoudite, en Egypte, en Allemagne et en France, estime, selon ses conseillers, n'avoir laissé aucun doute sur ses attentes vis-à-vis des dirigeants impliqués dans le conflit au Proche-Orient au moment où il s'emploie à relancer le processus de paix.
Par ailleurs, selon les conseillers, le président a été profondément ému par sa visite vendredi au camp de concentration de Buchenwald, en Allemagne, et sa participation samedi au 65e anniversaire du Débarquement allié en Normandie.
"C'était un voyage extraordinaire, un voyage au cours duquel le président a eu l'occasion de revenir sur l'Histoire, sur les gens qui se sont sacrifiés et ont souffert pour créer le monde moderne", a dit son principal conseiller David Axelrod.
Le président Obama a regagné dimanche après-midi Washington pour replonger dans les affaires intérieures du pays, laissant son épouse Michelle et ses filles Malia et Sasha jusqu'à lundi dans la capitale française.
La Maison Blanche a assuré qu'il avait suivi avec une grande attention les réactions venant du monde musulman à son discours, très attendu, prononcé jeudi au Caire, dans lequel il a plaidé pour une nouvelle donne entre les Etats-Unis et le monde musulman, en rupture avec son prédécesseur George W. Bush.
Des responsables américains ont fait état d'un sondage réalisé sur internet par le cabinet Maktoob Research montrant que plus de 75% des personnes interrogées dans les pays arabes ont jugé son discours positif.
Diffusé sur internet via des réseaux sociaux, celui-ci avait été vu plus de 550.000 fois samedi soir sur le site de partage de vidéos YouTube et sa traduction arabe plus de 10.000 fois, ont indiqué des responsables américains.
"Nous sommes plutôt satisfaits de ce que nous avons constaté jusqu'à présent", s'est félicité le haut conseiller en politique étrangère du président Obama chargé de la communication, Denis McDonough.
Le discours de Barack Obama à l'adresse du monde musulman a aussi reçu un accueil favorable des chefs d'Etat étrangers, a assuré David Axelrod.
"L'objectif était d'écarter du chemin les obstacles se trouvant entre nous et le monde musulman", a-t-il expliqué avant d'ajouter: "il l'a fait en abordant de manière honnête et directe les problèmes qui nous divisent".
"Des centaines de milliers de personnes ont regardé son discours et les réactions ont été incroyablement positives", s'est-il aussi félicité.
Aux critiques qui ont estimé que Barack Obama avait fourni peu de précisions sur la façon dont il entend mettre un terme aux rivalités et désaccords au Proche-Orient, ses conseillers ont répondu qu'ils ne s'étaient jamais attendus à ce qu'un discours ou une visite suffise à résoudre tous les problèmes.
Au contraire, ils ont décrit les efforts du président Obama comme un investissement qui se révélerait payant à terme.
Barack Obama a insisté vendredi sur la nécessité pour Israël et les pays arabes de faire "des choix difficiles" pour obtenir la paix.
Le prochain pas du président américain, qui compte bien profiter de la dynamique créée autour de son discours, consiste en un déplacement au Proche-Orient cette semaine de son émissaire pour la région George Mitchell.