Dans la nuit du 29 au 30 août, Michel s'est donné la mort", "un technicien à la compétence pointue et dont la qualité professionnelle n'était pas discutée", souligne Libération dans son édition du lundi 7 septembre. Michel, âgé de 53 ans, marié, trois enfants, était technicien chez France Télécom à Lannion (Côtes d'Armor), en charge de la validation d'équipements de transmission pour le haut débit.
centrale syndicale "évoque deux conflits récents rencontrés par Michel dans son environnement direct de travail, et qui ont pesé sur son geste", et met en cause "des procédures managériales […] très individualisées, voire infantilisantes". Michel s'était vu demandé par sa hiérarchie "d'améliorer son comportement", un "objectif" qui l'avait beaucoup déstabilisé et affecté, selon son entourage. Le CHSCT de Lannion doit ouvrir une enquête sur les circonstances qui ont mené à ce drame.
La direction de France Télécom s'est engagée le 26 août à "l'ouverture rapide d'une négociation" sur le stress au travail au sein du groupe qui doit commencer le 10 septembre. Des rassemblements sur le thème du "stress au travail" sont prévus ce jour-là à France Télécom. Olivier Barberot, le DRH du groupe, avait rencontré les délégations des six syndicats de France Télécom, qui dans une lettre commune au PDG, Didier Lombard, début août, avaient demandé de "prendre en considération" le problème de la souffrance au travail et des suicides de salariés, et d'entamer des négociations sur le stress dès la rentrée.
Trois salariés du groupe se sont suicidés dans l'été, portant à vingt le nombre de suicides depuis février 2008, selon l'Observatoire du stress et de la mobilité forcée créé par les syndicats SUD-PTT et CFE-CGC. L'un d'entre eux, à Marseille, a notamment dénoncé dans une lettre sa "surcharge de travail" et un "management par la terreur".
Le Monde