Aucun signe de nouvelle fuite n'a été détecté autour du puits endommagé, samedi 17 juillet, mais les autorités ont décidé de redoubler de vigilance après un premier test de pression non concluant. BP a procédé à ce test après être parvenue, jeudi, pour la première fois, à contenir totalement la fuite à l'aide d'un nouveau dôme de confinement installé lundi.
Des robots télécommandés ont inspecté le site vendredi pour vérifier si le puits avait été ou non endommagé en profondeur par l'explosion du 20 avril, qui a entraîné l'une des pires catastrophes écologiques de l'histoire des Etats-Unis. "Nous n'avons pas vu de signe d'une quelconque fuite ici", a déclaré Kent Wells, vice-président de la compagnie pour la prospection et la production.
Pour les populations du littoral, durement touchées par les conséquences écologiques et économiques de la marée noire, le succès enregistré jeudi sonne enfin comme une bonne nouvelle, bien que le scepticisme reste de mise.
PRESSION INSUFFISANTE
Les tests entamés jeudi après-midi, qui doivent durer 48 heures, montrent que la pression a augmenté après la mise en service du nouveau dôme, ce qui signifie qu'il est suffisamment solide. L'augmentation n'est toutefois pas aussi rapide que prévu. "Nous avons décidé de poursuivre [le test]", a déclaré Thad Allen, amiral à la retraite, chargé des opérations de nettoyage.
Une pression supérieure à 7 500 livres par pouce carré (3 400 kg pour 0,09 m2) montrerait que le puits est intact. Un résultat inférieur à 6 000 livres signifierait au contraire qu'il est endommagé, a expliqué Thad Allen. Or, vendredi après-midi, la pression était proche de 6 700 livres, un résultat équivalent à celui annoncé par BP huit heures plus tôt, et elle augmentait de deux à dix livres par pouce carré et par heure, a-t-il précisé.
LONDRES INQUIET DE L'AVENIR DE BP
Barack Obama, dont la cote de popularité a pâti de la catastrophe écologique et économique, avait auparavant salué un "signe positif", tout en insistant sur le caractère temporaire de cette avancée.
Plusieurs tentatives ont déjà échoué et les pouvoirs publics, comme les investisseurs, se montrent prudents.
La compagnie britannique, dont la capitalisation boursière a fondu de moitié dans les deux premiers mois de la crise avant de rebondir fin juin, a perdu 5 %, vendredi à Wall Street. Le premier ministre David Cameron, qui se rend la semaine prochaine aux Etats-Unis, a annoncé vendredi qu'il évoquerait le sujet avec le président Obama. "Il est important qu'à la fin de ce processus, on ait une compagnie stable et forte qui soit en mesure de survivre, pas seulement pour verser les indemnités que réclament les Américains, mais aussi pour qu'elle continue à prospérer comme une grande compagnie britannique."