Pape Diouf, attendu mercredi en Suisse par Robert-Louis Dreyfus, va être fixé sur son avenir à la tête de l'OM. Annoncé vers la sortie en raison de son conflit avec Vincent Labrune, le président sera finalement maintenu à son poste selon nos informations. Marseille va pouvoir sortir de la crise.
Mercredi, Robert Louis-Dreyfus va recevoir Pape Diouf à Zurich. Après plusieurs jours qui ont fait trembler les coulisses de l'OM, l'actionnaire principal du club va trancher dans le conflit qui oppose l'actuel président à Vincent Labrune, président du conseil de surveillance. A l'issue de cet entretien, Diouf sera donc fixé sur son avenir. Si tout portait à croire que le divorce est déjà programmé, il semblerait que l'ancien agent de joueurs doive finalement rester en place selon nos informations. Malgré un bilan sportif honorable, les griefs à son encontre ne manquaient pourtant pas. On lui reprochait le départ d'Eric Gerets alors que RLD lui aurait demandé de le conserver à tout prix. Son "lapin" au conseil de surveillance, mercredi dernier, était mal passé. Les récentes déclarations du président, affirmant qu'il était le seul décideur à l'OM, avaient également irrité l'entourage de Robert-Louis Dreyfus. Enfin, l'affaire des signatures des contrats avait été placée à son passif.
Mais il faut dire que Pape Diouf dispose de soutiens de poids. "Je me demande qui pourrait réaliser davantage que ce qu'il a fait en cinq ans : il a instauré le calme et des structures là où régnait le chaos. Grâce à lui, l'actionnaire ne doit plus injecter de l'argent dans le club", l'avait ainsi défendu Eric Gerets lui-même dans La Dernière Heure. Quant à José Anigo, il n'avait pas hésité à mettre son propre avenir dans la balance. "Si Pape doit partir pour X raisons, une chose est sûre: je me mettrai dans ses valises. J'ai tellement aimé travailler, j'ai vécu tellement de choses avec lui et avec cette équipe que je ne pourrai pas le faire avec d'autres", avait assuré directeur sportif dans La Provence. Car, si on peut ne pas apprécier les hommes, force est de constater que le duo Diouf-Anigo est parvenu à apporter de la stabilité à l'OM. Une mission quasi-impossible à Marseille.
Le poids d'Acariès
Finalement, c'est la parole de Louis Acariès qui aura pesé dans la balance. "Virer immédiatement Pape Diouf serait dramatique même si on peut s'attendre à tout car RLD n'a peur de rien. Il faut de la concertation, du bon sens et de la compétence pour que les choses se rétablissent et que le club prépare dans de bonnes conditions la saison prochaine. Chacun doit faire son travail sans se tirer dans les pattes. Vincent Labrune n'est pas là pour prendre la place de Pape Diouf mais pour protéger Robert Louis-Dreyfus", expliquait récemment sur RMC l'ancien boxeur, qui a eu des fonctions à l'OM entre 2004 et 2008, en tant que consultant puis comme censeur du conseil de surveillance. "Le bon sens va l'emporter car il y a de la qualité de chaque côté", espérait-il. Sa parole aura donc porté jusqu'aux oreilles de Robert-Louis Dreyfus. Et sauvé la tête de Diouf...
Au final, alors qu'il aurait pu trancher en faveur l'un ou l'autre, voire couper les deux têtes, RLD maintiendra en poste Pape Diouf et Vincent Labrune. Une solution qui évite au club une grave crise mais qui n'est pas un statu quo pour autant. Car l'homme fort de l'OM s'apprête à opérer une redistribution des cartes entre les deux hommes. Dorénavant, le conseil de surveillance devrait concentrer ses fonctions sur la gestion des budgets. Diouf aura donc la main mise sur tout le reste, notamment les grandes décisions concernant l'avenir du club pour lesquelles il a obtenu de négocier directement avec Dreyfus. Une façon à peine masquée d'éviter les conflits d'influence mais aussi d'accroître encore les pouvoirs de Pape Diouf qui s'apprête finalement à sortir grandi de cette épreuve.