Le foot, c'est d'abord un rapport entre un objectif (en terme de classement, mais aussi de jeu ou de développement du «capital joueurs»), un investissement et un résultat. Revue de détail des 20 clubs de L1.
Le foot, c’est d’abord un rapport entre un objectif (en terme de classement, mais aussi de jeu ou de développement du «capital joueurs»), un investissement et un résultat. Revue de détail des 20 clubs de L1.
Après avoir remporté le défi du jeu et des résultats, les Girondins de Bordeaux (1er) s’attaquaient cette saison à celui de la constance : c’est réglé - 14 victoires en 19 matchs - et ce qu’ils ont laissé voir sur le front européen (le Bayern Munich battu deux fois, la Juventus nettement dominée) est très intrigant. Troisième de L1 avec 30 millions de budget, le promu Montpellier casse la baraque : c’est jeune et ça joue vite. Le FC Lorient (8e) développe le meilleur football de France. Ce que l’entraîneur Francis Gillot parvient à faire d’un FC Sochaux (15e, deux matchs en moins) vulnérable - un seul attaquant de haut niveau dans l’effectif, jeunes promus en masse faute de pouvoir recruter - est d’autant plus exceptionnel que son équipe essaie de jouer au sol, avec un souci constant de construction et de propreté. Interdit de recrutement à l’intersaison, le RC Lens (13e) fait ce qu’il peut.
Avec ses six derniers matchs gagnés - et une moyenne de buts inscrits surréaliste de 3,8 -, Lille (2e) est la nouvelle terreur de la Ligue 1. Reste un sentiment étrange, comme si on n’en avait pas tout à fait terminé avec les conséquences des secousses estivales - l’entraîneur viré puis rappelé, le directeur sportif viré à son tour - et que les joueurs étaient contraints de tracer leur chemin seuls. Valenciennes (10e) s’est gagné le surnom de «petit Barça» pour la qualité de son jeu, preuve que la page Antoine Kombouaré est tournée - ce qui n’allait pas de soi. Auxerre (5e) et sa défense d’acier (15 buts encaissés) marchent à l’ombre.
Qu’il soit dit une bonne fois pour toutes que le Paris-Saint-Germain n’a pas l’effectif (alors qu’il a le budget, curieusement) pour viser le haut du tableau : sa 7e place est donc bonne à prendre, surtout si l’on tient compte des blessures qui ont accablé son meilleur joueur, Guillaume Hoarau, que l’on n’a pratiquement pas vu depuis août. Les plus : deux recrues (Mevlut Erding et Christophe Jallet) au top, signe que les temps changent. Les moins : la qualité de jeu et l’ambiance sinistre du Parc des Princes.
Rennes (9e) a un effectif en or. Or, ça ne se voit pas. Nancy (12e) avait annoncé sa révolution copernicienne avec plus de maîtrise du ballon et plus de construction : ils cavalent et ils contrent, comme ils l’ont toujours fait. Boulogne-sur-Mer (19e), au budget minuscule (20 millions d’euros), s’accroche aux branches et met des coups. Nice (16e) et Toulouse (14e) sont dépendants de leurs deux ou trois vedettes : c’est quand même le signe qu’il y a un problème. A Monaco (11e), l’entraîneur, Guy Lacombe, doit prendre sur lui et inculquer à son jeune effectif les bases du professionnalisme : se coucher tôt, manger sainement, s’étirer après un entraînement... Rien de tel à Marseille (4e), où les joueurs donnent tout ce qu’ils ont à donner (pression oblige) mais où la gestion Didier Deschamps pose question : complète indifférence envers des remplaçants qui se méfient de lui, recrutement d’un Fernando Morientes (250 000 euros mensuels) complètement inopérant, mode de fonctionnement jugé partisan et rigide...
Dans n’importe quel autre club, l’entraîneur de Lyon (6e malgré 140 millions de budget), Claude Puel, aurait pris la porte mais son président, Jean-Michel Aulas, ne veut pas se déjuger.Ou pas encore. Avec le 5e cinquième budget de France, Saint-Etienne (18e) donne l’impression d’agoniser sans fin. Le Mans (17e) a laissé filer une bonne douzaine d’excellents joueurs depuis deux ans : les caisses sont pleines, mais ça finit forcément par poser un souci de compétitivité. Enfin, Grenoble (20e avec 7 points) est déjà en Ligue 2.