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Libye : Tripoli sous les frappes de l'OTAN, Misrata bombardée

L'OTAN a lancé dans la nuit de jeudi à vendredi une nouvelle vague de bombardements aériens sur Tripoli. Le régime a émis jeudi une offre de cessez-le-feu accueillie avec d'autant plus de scepticisme par les pays occidentaux soutenant l'insurrection que les forces libyennes ont bombardé Misrata avec une vigueur inégalée depuis plusieurs jours.

 DÉTRUIRE LES CENTRES DE COMMANDEMENT

Pour la quatrième nuit consécutive, plusieurs fortes explosions ont retenti dans la capitale et une colonne de fumée s'est élevée au-dessus de Bab Al-Aziziah, le complexe de Mouammar Kadhafi. Le secteur de Bab Al-Aziziya avait déjà été la cible de raids de l'OTAN, dans la nuit de lundi à mardi et mardi soir. Ces bombardements avaient fait trois morts et 150 blessés, selon le régime.

L'OTAN commande l'intervention militaire déclenchée le 19 mars après un feu vert de l'ONU pour protéger les populations. Elle justifie régulièrement ses bombardements sur Tripoli par sa volonté de détruire les centres de commandement des forces de Mouammar Kadhafi. Les pays occidentaux jugent que cette pression militaire et diplomatique affaiblit progressivement l'emprise du dictateur, confronté depuis mi-février à une insurrection partie de l'est du pays.

A Misrata, théâtre des combats parmi les plus acharnés depuis le début du conflit, les insurgés ont déclaré qu'un bombardement au mortier des forces loyalistes avait tué trois des leurs jeudi. Lors d'une conférence de presse dans cette ville de l'ouest libyen, un des membres du conseil militaire des insurgés sur place a affirmé que les forces rebelles avaient progressé de quatre kilomètres vers l'ouest jeudi et détruit des dépôts d'armes des forces loyalistes avant de se replier sur leur ligne de départ aux abords de Misrata.

"LE RÉGIME COMMENCE À SE FISSURER"

Malgré l'impasse apparente sur le terrain, les insurgés ne contrôlant que l'est de la Libye autour de leur fief de Benghazi et quelques poches dans l'ouest, le sentiment des pays occidentaux est que "le régime ressent cette pression et commence à se fissurer", a-t-on dit de source diplomatique britannique.

Selon ces mêmes sources, des commandants des forces loyalistes ont cessé d'utiliser leurs téléphones de crainte d'être mis sur écoute. L'Union européenne a annoncé jeudi que l'ambassadeur de Libye auprès de l'UE, Al Hadi Hadeiba, avait fait défection.

Le G8 estime que le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a "perdu toute légitimité" et qu'"il doit partir", selon un nouveau projet de déclaration finale du sommet de Deauville vendredi. "Il est clair que Kadhafi et son régime continuent de commettre des crimes graves contre le peuple libyen. Kadhafi a perdu toute légitimité. Il doit partir", selon ce nouveau texte préparé par les collaborateurs des chefs d'Etat et de gouvernement du G8 et qui doit être soumis vendredi à leur approbation. Si cette déclaration est adoptée par les dirigeants, cela signifiera que la Russie s'est résolue à appeler le dirigeant libyen au départ.

"Nous sommes convenus que la réalisation du mandat de l'ONU portant sur la protection des civils libyens ne pourra pas être accomplie tant que Kadhafi dirige ses forces (...) contre les populations civiles sans protection", a dit le président américain. "Nous sommes déterminés à finir ce travail." Le président français avait auparavant réaffirmé que Mouammar Kadhafi devait partir et que les Libyens avaient droit à la démocratie.

Le consul général de Libye expulsé du Danemark

 

Le Danemark a déclaré persona non grata le consul général de Libye à Copenhague en raison de ses soutiens répétés à son dirigeant Mouammar Kadhafi et va l'expulser d'ici au 1er juin, a indiqué vendredi la ministre des affaires étrangères, Lene Espersen.

En poste depuis 2008, le représentant libyen Munir Eldawadi, "s'est vu signifier qu'il avait cinq jours ouvrés pour quitter le pays" d'ici au 1er juin, a-t-elle souligné, pour avoir soutenu publiquement "à plusieurs reprises le comportement du régime de Kadhafi". Par cette mesure, "nous adressons un signal clair à Kadhafi pour lui dire que le comportement de son régime [envers la population libyenne] a des conséquences sur nos relations", a ajouté Mme Espersen. - (avec AFP)

LeMonde

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