La police libyenne a dispersé par la force dans la nuit de mardi à mercredi un sit-in contre le pouvoir à Benghazi (est). Cette intervention, qui a fait 38 blessés, a été suivie de manifestations en faveur de Mouammar Kadhafi dans plusieurs villes du pays.
Les blessés sont pour la plupart des membres des forces de sécurité, a précisé le directeur d'un hôpital de la deuxième ville du pays, à 1000 km à l'est de Tripoli. Tous ont ensuite pu quitter l'hôpital.
Les violences ont été déclenchées par l'arrestation d'un militant des droits de l'homme, l'avocat Fethi Tarbel. Celui-ci a été interpellé "pour avoir répandu une rumeur selon laquelle la prison était en feu", selon l'édition en ligne du quotidien "Quryna".
En dépit de sa remise en liberté, les manifestants "auxquels se sont jointes des personnes munies d'armes blanches et de cocktails molotov" ont marché jusqu'au centre-ville. Ils y ont incendié des voitures et jeté des pierres contre les forces de l'ordre, selon "Quryna".
Selon des sources concordantes, des slogans ont été scandés contre le régime, comme: "Benghazi réveille toi c'est le jour que tu attendais" ou "le peuple veut faire tomber la corruption".
Pour faire face aux manifestants, des associations pro-Kadhafi ont organisé une marche "mais une poignée de saboteurs cherchant à semer la zizanie et à perturber la stabilité du pays leur ont lancé des pierres", ce qui provoqué des heurts entre les deux camps, a affirmé le journal.
Le régime libyen a par ailleurs libéré mercredi 110 militants du Groupe islamique libyen de combat, dont trois dirigeants de cette organisation interdite.
Ces événements interviennent avant une "journée de colère" prévue jeudi en Libye, selon des appels lancés sur Facebook.
Il est impossible à ce stade d'évaluer les conséquences de ces événements. La plupart des analystes s'accordent toutefois à penser qu'un scénario à la tunisienne ou à l'égyptienne est peu probable en Libye, pays qui dispose d'importantes ressources financières pouvant être utilisées pour calmer les esprits.