Roger Federer est tombé de haut face à Robin Söderling en quart de finale de Roland-Garros. Un résultat qui prive le Suisse d'une 24e demi-finale consécutive en Grand Chelem et pourrait l'empêcher de conserver sa place de numéro 1 mondial. Pour vous, pas de doute, Nadal est le futur vainqueur.
escalibur : Pouvez-vous nous rappeler depuis quand Federer n'avait plus été éliminé avant le stade des demi-finales dans un tournoi du Grand Chelem. C'est un sacré record qui doit dépasser les 20 participations consécutives si je me souviens bien ?
S.P. : Bien plus en fait. Roger Federer aurait atteint les demi-finales en tournoi du Grand Chelem pour la 24e fois consécutive en battant Robin Söderling en quart de finale à Roland-Garros. Le dernier à l'avoir battu avant ce stade de la compétition était Gustavo Kuerten en 2004 au 3e tour des Internationaux de France. Cela fait six ans que le Suisse entrait dans le dernier carré d'un tournoi majeur. Vous comprenez mieux pourquoi il détient le record de victoires en Grand Chelem (16). En s'arrêtant là, le Suisse ne battra pas un autre record que même Bjorn Borg et Rafael Nadal n'ont pas réalisé : jouer 5 finales de suite à Paris.
tichou1510 : On nous parle d'un grand choc, mais Söderling avait jusqu'alors toujours perdu contre Federer et ne l'a même jamais accroché...
S.P. : Effectivement, Söderling n'avait jamais battu Federer en 12 confrontations avant ce match. Pire, le Suédois ne lui avait pris que deux sets en tout et pour tout, tous les deux au jeu décisif : un sur herbe au 1er tour du tournoi de Halle en 2005, un autre en quart de finale de l'US Open 2009, lieu de leur dernière opposition avant Roland-Garros 2010. Mais le Suédois avait cependant remporté leur dernier match puisqu'il s'était imposé lors d'un match exhibition au mois de janvier à Dubaï. Ça semble lui avoir donné confiance...
gamemaster7 : C'est beaucoup trop facile pour Roger. Méfiance quand même comme l'US Open où Federer avait eu chaud.
S.P. : Avec des conditions de jeu aussi pourries (vent et humidité), rien n'est facile. Et c'est la même chose pour tous les joueurs. En septembre dernier à New York, Federer n'avait déjà pas eu la tâche facile, notamment en fin de rencontre. Le Suisse avait gagné en 4 sets : 6-0, 6-3, 6-7 et 7-6. Federer s'était sorti d'affaire en sauvant les 5 balles de break du Suédois, qui, lui, en avait concédées 4 sur 11. A Paris, le match s'est équilibré plus rapidement, dès le 2e set où le Suédois a trouvé son rythme au service : de 47% au premier set, il est servi 71% de premières balles au deuxième. Statistiques qui se sont inversées pour le Suisse : de 77%, il est passé à 52. Et confirmées dans les 3e et 4e manches.
pitchounette : Federer pouvait-il tenir sa victoire si le match s'était joué en 5 sets ?
S.P. : Oui et non. Lui-même le reconnaît, Federer base ses efforts et sa tactique sur 5 manches. Et il est l'un des rares à s'y tenir. Battre Federer en 5 manches est très rare : depuis 2002, seuls Rafael Nadal (en finale de Wimbledon 2008 et de l'Open d'Australie 2009), Marat Safin (en demi-finale de l'Open d'Australie 2005), David Nalbandian (au 4e tour de l'Open d'Australie 2003, finale Masters Cup 2006) et Tommy Haas (au 4e tour de l'Open d'Australie 2002) y sont parvenus. Juan Martin Del Potro est le dernier à y être parvenu en finale de l'US Open 2009.
Fabolouscrabe : Alors, ça y est : Nadal a gagné le tournoi ?
S.P. : Rafael Nadal n'a pas besoin de cette défaite pour être favori un peu plus qu'avant ce match. Le tenant du titre dehors, c'est sûr que cela lui facilite la tâche. Mais avec Nicolas Almagro, Novak Djokovic et Robin Söderling encore en lice, tout est encore possible. En tout cas, Nadal a une occasion en or de détrôner Federer de la place de N.1 mondial, alors que le Suisse est à une longueur des 286 semaines de Sampras. Pour cela, le Majorquin devra remporter son 5e Roland-Garros en 6 ans.
Psychocouac : Federer a-t-il pleuré à la fin du match ?
S.P. : Non, il était désolé de perdre son titre, mais pas catastrophé d'avoir perdu face à Söderling. Si les conditions étaient difficiles, il a reconnu que cela n'était pas cela en particulier qui l'a poussé dehors, c'est bien le Suédois. Après tout, "ce n'est qu'un quart de finale" dit-il, pas une finale. Federer ne pleure qu'en finale, qu'il gagne ou qu'il perde.