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Les positions au premier tour, région par région

Outre l'Alsace, l'Ile-de-France, Poitou-Charente et le Languedoc-Roussillon traités par ailleurs, voici les principaux résultats dans les régions de métropole et les tendances qui se dessinent pour le second tour.

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Aquitaine. Le président sortant, le socialiste Alain Rousset, est en position de force pour être réélu, avec 37,63% des voix au premier tour. Il a réussi quasiment le même score qu'en 2004, année où socialistes et Verts s'étaient présentés unis au premier tour, contrairement à ce scrutin du 14 mars. Suivent  l'UMP Xavier Darcos (22,05%) et Jean Lassalle (10,43%), seul représentant du MoDem en France présent au second tour. Pour le député béarnais et fidèle lieutenant de François Bayrou, «c'est un nouveau match qui commence et, avec 52% d'électeurs qui n'ont pas voté, je peux vous assurer que la messe n'est pas dite».

Auvergne. L'UMP et le PS sont arrivés dans un mouchoir au premier tour des régionales en Auvergne. Les Socialistes gardent d'importantes réserves de voix à gauche mais il va leur falloir négocier. Le président sortant du conseil régional PS, René Souchon, a totalisé 28,03% des voix, juste derrière son rival de l'UMP, le secrétaire d'Etat aux Collectivités territoriales Alain Marleix (28,72%). Mais le PS va devoir composer avec le Front de gauche, emmené par le populaire député PCF André Chassaigne, qui s'est imposé comme la troisième force de la région avec 14,24% des suffrages. Ce résultat va lui permettre de négocier en position de force. La liste Europe Ecologie a récolté 10,69% des suffrages.

Bourgogne. Le PS, arrivé largement en tête (36,31%) à l'issue du premier tour, sera opposé au second tour à la liste UMP-NC (28,83%) et au Front national (12,04%) au cours d'une triangulaire qui s'annonce difficile pour la majorité présidentielle. Le président PS sortant, François Patriat, a lui-même parlé de «surprise» après ce «score sans appel». Son adversaire François Sauvadet a dit «prendre acte» d'un score qui peut être considéré comme décevant pour une droite unie dès le premier tour et ne disposant donc pas de réserves de voix.

Bretagne. La région a confirmé dimanche son ancrage à gauche en accordant à la liste de Jean-Yves Le Drian, président socialiste sortant, 37,19% des voix, reléguant la tête de liste UMP, Bernadette Malgorn, à 23,73% et la liste Europe Ecologie de Guy Hascoët à 12,21%. Un score que les écologistes jugent décevant. Aux Européennes, ils avaient devancé d'un cheveu les socialistes dans la région avec 17,95% contre 17,70%. Proche de son score de 2004 (38,46%), où il l'avait emporté haut la main au second tour, avec près de 59% des voix, le président sortant a fixé dans la soirée des règles strictes pour d'éventuelles négociations de second tour, notamment avec les écologistes.

Centre. La gauche est bien partie pour conserver la région, en dépit d'un premier tour des élections régionales légèrement favorable à la liste UMP-NC conduite par le secrétaire d'Etat au Commerce Hervé Novelli. Le candidat de la majorité présidentielle arrive en tête avec 29,02% des voix, juste devant la liste PS-MRG conduite par le président PS sortant François Bonneau à 28,22%. Deux autres listes dépassent la barre des 10%, fatidique pour se maintenir au second tour : Europe écologie menée par Jean Delavergne (11,66%) et le Front national avec Philippe Loiseau (11,21%). Le parti d'extrême-droite a déjà annoncé son intention de se maintenir. On peut s'attendre à une triangulaire au second tour, comme en 1998 et en 2004. A chaque fois, la gauche l'avait emporté.

Champagne-Ardenne. Si le président DVG sortant Jean-Paul Bachy (31,01%) est légèrement devancé au premier tour en Champagne-Ardenne par l'UMP Jean-Luc Warsmann (31,77%), il devrait néanmoins l'emporter dimanche prochain. Le candidat de la majorité présidentielle, sans réserve de voix, se trouve fragilisé par le haut score du frontiste Bruno Subtil (15,85%). 

Corse. L'UMP est arrivée en tête du premier tour, mais avec un score étriqué qui la met en position périlleuse pour le second tour face à la gauche et aux nationalistes, dont l'une des deux listes se place en deuxième position. Dans l'unique région, avec l'Alsace, conservée par la droite en 2004, la liste Rassembler pour la Corse, du député de Corse-du-Sud Camille de Rocca Serra (UMP), a obtenu 21,34% des voix, avec moins de trois points d'avance sur la liste nationaliste Femu a Corsica (18,40%). Avec 15,48%, le député PRG de Haute-Corse Paul Giacobbi arrive troisième. Sa liste soutenue par le PS étant la première des quatre listes de gauche en lice, il pourrait conduire une liste unique au second tour si le Front de gauche (10,02%) ne se maintient pas.

Franche-Comté. Une triangulaire avec le FN compromet sérieusement les chances de la liste UMP du ministre Alain Joyandet de l'emporter, alors que la tête de liste PS, Marie-Guite Dufay, semble bien positionnée pour gagner au second tour. Dès le premier tour, la liste PS menée par la présidente sortante (29,86%), talonne la liste de la majorité présidentielle (32,13%), emmenée par le secrétaire d'Etat à la Coopération et maire de Vesoul. Le PS devrait bénéficier du report des voix d'Europe Ecologie (9,36%). Tête de liste d'Europe Ecologie, Alain Fousseret a annoncé son intention de «construire un projet commun» et «d'essayer de fusionner» avec le PS.

Limousin. La liste PS du président sortant Jean-Paul Denanot, archi-favori pour conserver cette région historiquement ancrée à gauche, a terminé sans surprise en tête avec 38,05% des voix, et pourra compter sur le soutien de l'alliance PCF-PG-NPA (13,13%). La liste UMP, emmenée par Raymond Archer, a recueilli 24,16% des suffrages, assez loin de la barre des 30% qu'elle s'était fixée comme objectif. Europe-Ecologie, malgré une divergence avec le PS sur le projet de ligne à grande vitesse Poitiers-Limoges, s'était dit prêt aussi à rejoindre le PS tout en posant ses conditions.

Lorraine. Le Parti socialiste est arrivé très largement en tête et paraît assuré de remporter, au second tour, une triangulaire où il devrait être opposé à la majorité présidentielle et au Front national (FN). La liste du sénateur Jean-Pierre Masseret, président sortant qui avait le soutien du Parti communiste français et du Mouvement républicain et citoyen de Jean-Pierre Chevènement, a obtenu 34,36% des suffrages. Elle devance de plus de dix points la liste de la majorité présidentielle emmenée par le radical valoisien Laurent Hénart et qui, bien que comptant Nadine Morano, secrétaire d'État (UMP) à la Famille, et Gérard Longuet, président du groupe UMP au Sénat, ne recueille que 23,77% des suffrages. Le FN arrive en 3e position avec 14,87% des voix et se maintient à son niveau du 1er tour de 2004. Augmentée des 3% d'une liste «Non aux minarets», l'extrême droite est à 17,87%. Mais en voix, le parti de Jean-Marie Le Pen perd près de 20% de ses électeurs par rapport au 1er tour de 2004.

Midi-Pyrénées. Le PS, dont la liste était conduite par le président sortant Martin Malvy, est arrivé largement en tête avec 40,93% des suffrages devant l'UMP (21,75%) et  Europe Ecologie  (13,46%). Martin Malvy, 74 ans, qui brigue un troisième mandat à la tête d'une région dont sept des huit départements sont aux mains de la gauche, est assuré de l'emporter au second tour, selon les sondages. L'ampleur de la victoire dépendra toutefois d'une éventuelle fusion entre le PS et Europe Ecologie, qui a la possibilité de se maintenir, à la différence du Front national (9,44%).

Nord - Pas-de-Calais. La liste socialiste est arrivée comme prévu largement en tête dans son bastion, alors que Marine Le Pen a réalisé un des meilleurs scores du Front national (FN), talonnant même l'UMP Valérie Létard. Dans le fief de la première secrétaire du Parti socialiste (PS) Martine Aubry, le président sortant Daniel Percheron obtient 29,16% des suffrages, un score quasi-identique à celui de 2004 (29,89%). Pour assurer sa victoire au second tour, il devra s'entendre avec Europe Ecologie (10,34%) et le Front de Gauche (10,78%), deux formations qui contestent le caractère hégémonique du PS : celui-ci ne représente plus que 60% de la gauche.

Basse-Normandie. La gauche a renforcé dimanche ses positions par rapport au premier tour de 2004. La liste Parti socialiste (PS)-Parti communiste français (PCF)-Parti radical de gauche (PRG), menée par le président de région sortant Laurent Beauvais, enregistre un score de 32,55%. La liste UMP-Nouveau Centre-Mouvement pour la France, menée par le sénateur Jean-François Le Grand n'engrange que 27,69% des voix. Europe Ecologie, menée par un des porte-paroles de la Confédération Paysanne François Dufour, enregistre un score de 12,01%, tandis que le FN, présent au second tour en 2004, n'atteint pas les 10%. La bataille de la droite pour regagner son fief historique bas-normand s'annonce donc très difficile.

Haute-Normandie. Le Parti socialiste (PS), emmené par le président sortant Alain Le Vern, a creusé l'écart dans cette région dès le premier tour en obtenant 34,9% des suffrages contre 25,0% à la liste de droite, conduite par le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire (UMP). Avec 11,8% des suffrages, le Front national (FN) arrive en troisième position et se qualifie pour le second tour avec un score toutefois sensiblement inférieur à celui de 2004 (14,5%). Grand favori, le PS dispose de confortables réserves de voix, dans la perspective du second tour, avec le ralliement attendu d'Europe Ecologie et du Front de Gauche qui ont obtenu respectivement 9,1% et 8,4% des suffrages.

Pays-de-la-Loire.  Le président sortant PS Jacques Auxiette (34,36%) est largement favori du second tour. Il pourra compter sur une réserve de voix à gauche, notamment avec la liste Europe Ecologie. Christophe Béchu (UMP), malgré un rassemblement dès le premier tour du centre droit au MPF, n'est arrivé qu'en deuxième position avec 32,78%. Il aura du mal à reprendre cette région perdue en 2004 par la liste menée par l'actuel Premier ministre François Fillon. La liste Europe-Ecologie menée par Jean-Philippe Magnen a réussi son challenge avec 13,64%, un score suffisant pour entamer des négociations favorables avec le PS malgré leurs différends sur le futur aéroport grand-ouest.

Picardie. Le président sortant, Claude Gewerc (PS), arrivé en tête, semble en bonne voie pour l'emporter au second tour, où il affrontera dans une triangulaire les listes UMP et Front national. Avec 26,62% des voix, le socialiste a devancé la maire UMP de Beauvais Caroline Cayeux (25,94%), le candidat du FN Michel Guiniot arrivant en troisième position avec 15,81% des suffrages. Bien qu'en net recul par rapport au scrutin de 2004, où il avait atteint 22,94%, le candidat frontiste a estimé qu'il s'agissait d'un «très bon résultat». Avec 9,98%, la liste Europe Ecologie menée par Christophe Porquier rate de peu les 10%. Comme annoncé lors de la campagne, les écologistes devraient fusionner avec le PS pour le second tour.

Rhône-Alpes. Le PS semble en passe de conserver la région Rhône-Alpes, ravie à la droite en 2004, s'il réussit à s'allier avec Europe Ecologie, même si les Rhônalpins ont placé la droite en tête dimanche. Françoise Grossetête, chef de file de l'UMP, semble avoir fait le plein de voix avec 26,39%. Avec 14,01%, le Front national, emmené par Bruno Gollnisch, peut se maintenir au second tour malgré une baisse de 4% par rapport aux dernières régionales. Le président sortant de la région, le député socialiste du Rhône Jean-Jack Queyranne, qui brigue un second mandat et dont la liste a obtenu 25,40%, n'a jamais fait mystère de son intention de s'allier avant le 21 mars avec les Verts d'Europe Ecologie emmenés par Philippe Meirieu. Ces derniers ont rassemblé 17,83 % des vois, et le Front de gauche 6,31%. Le socialiste a pris rendez-vous dès lundi matin avec les responsables de ces deux partenaires pressentis.

 

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