Le Sud-Soudan a formellement proclamé samedi 9 juillet son
indépendance lors d'une cérémonie officielle à Juba en présence de
dirigeants étrangers. C'est le chef du Parlement sud-soudanais, James Wanni Igga, qui a annoncé la "déclaration d'indépendance du Sud-Soudan", devant des dizaines de milliers d'habitants en liesse.
Le Sud à majorité chrétienne se sépare ainsi du Nord musulman après
des décennies de guerre qui ont fait des millions de morts. Le
gouvernement de Khartoum a été le premier à reconnaître le Sud, quelques
heures avant que la séparation des deux entités devienne officielle. Ce
geste d'apaisement n'a toutefois pas fait disparaître les inquiétudes
concernant l'avenir. Les dirigeants du Nord et ceux du Sud ne se sont
toujours pas mis d'accord sur un ensemble de questions sensibles, dont
les plus importantes concernent le tracé de la frontière et le partage
des revenus tirés du pétrole, essentiels pour l'économie des deux Etats
(voir notre article : "Quelles relations entre le Soudan et le nouvel Etat du Sud-Soudan").
Pour l'heure, l'ambiance était à la liesse dans les rues de Djouba,
la capitale du nouvel Etat. Depuis vendredi soir, les Soudanais du Sud,
qui se sont prononcés par référendum au mois de janvier en faveur de
l'indépendance, sont à la fête et brandissent dans les rues le drapeau
de leur nouvel Etat.
"NOUVELLE ENTENTE"
Temps fort des célébrations organisées, samedi, à Djouba, ce nouvel
étendard a été hissé samedi à la place du drapeau national du Soudan.
Auparavant, le chef du Parlement sud-soudanais, James Wanni Igga, avait
délivré l'acte de naissance du Sud-Soudan : "Nous, les représentants
démocratiquement élus du peuple, en se basant sur la volonté du peuple
du Sud-Soudan, et comme l'ont confirmé les résultats du référendum sur
l'auto-détermination, proclamons par la présente le Sud-Soudan une
nation indépendante et souveraine".
"Que Dieu nous offre la joie pour tout notre peuple", a pour sa part déclaré l'archevêque catholique Paulino Lokudu. "Aujourd'hui,
nous nous souvenons et nous prions pour tous ceux qui ont été
solidaires avec nous durant les longues années de guerre", a-t-il ajouté, appelant à une "nouvelle entente" et une coopération entre les deux "nations voisines". Des mots qui s'adressaient en particulier à Omar El-Béchir,
le président soudanais, qui avait fait le déplacement. Quelques moments
plus tard, il a pu assister à la prestation de serment de Salva Kiir
en tant que premier président du Sud-Soudan. Aussitôt après, les
Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont reconnu le nouvel Etat, le
193e de la planète.
LeMonde