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Le Japon en situation de blocage politique

Le Japon est menacé lundi d'un blocage politique après la défaite du Parti démocrate (PDJ) aux élections sénatoriales de dimanche.

Le Japon  en situation de blocage politique

Le Premier ministre japonais Naoto Kan lors d'une conférence de presse au siège du Parti démocrate (PDJ) à Tokyo. Le Japon est menacé lundi d'un blocage politique après la défaite du PDJ aux élections sénatoriales de dimanche. (Reuters/Toru Hanai)

 

Le revers enregistré par la formation au pouvoir depuis moins d'un an est de nature à contrecarrer la politique de réduction de l'immense dette publique du Japon et à fragiliser la position du Premier ministre, Naoto Kan, investi le mois dernier seulement.

La moitié des 242 sièges de la haute assemblée était en jeu dimanche. Le PDJ n'en a remporté que 44, bien loin des 54 que Kan s'était fixé comme objectif. Le Nouveau parti du peuple, son partenaire de coalition à la chambre basse, n'en a obtenu aucun.

Le Parti libéral démocrate (PLD), rejeté dans l'opposition en septembre dernier après avoir gouverné pendant un demi-siècle pratiquement sans interruption, a remporté 51 des 121 sièges.

Le PDJ de Naoto Kan reste majoritaire à la Chambre des représentants, la chambre basse de la Diète, mais il va lui falloir trouver de nouveaux alliés au Sénat s'il veut mener à bien la lutte contre la dette publique, proche des 200% du Produit intérieur brut.

Pour Jesper Koll, directeur de recherche chez JP Morgan Securities Japan, le scénario le plus probable toutefois est de voir le Japon attendre jusqu'aux prochaines élections à la chambre basse, pas avant 2013 à moins d'une dissolution. "Nous allons probablement perdre deux années supplémentaires, pris dans un blocage parlementaire", dit-il.

L'économie japonaise, la deuxième de la planète, est engagée sur la reprise, mais les économistes se demandent combien de temps le PIB continuera de croître. L'indice de confiance des industriels atteint certes en ce mois de juillet un niveau sans précédent depuis deux ans et demi, mais le rythme s'est ralenti, selon une étude menée par l'agence Reuters qui laisse entrevoir les craintes d'une rechute.

Le score de dimanche fragilise aussi Naoto Kan, qui, un mois seulement après sa prise de fonctions, apparaît déjà vulnérable à une révolution de palais à l'intérieur du PDJ. Le Premier ministre est le cinquième qu'ait connu le Japon en trois ans.

HAUSSE DE LA TVA ?

Lundi, la Bourse de Tokyo a ouvert en baisse mais la tendance s'est vite retournée, comme si la défaite du parti au pouvoir avait déjà été anticipé et ne surprenait pas vraiment les investisseurs. En début d'après-midi, l'indice Nikkei progresse de 0,41%. Sur le marché des changes, le yen recule à peine face au dollar.

"Le marché semble avoir acté par anticipation la défaite du gouvernement, mais il faut voir à présent comment le marché assimilera les implications politiques à venir", souligne Atsushi Ito, stratégiste chez Morgan Stanley MUFG à Tokyo.

Le principal chantier est celui de la politique budgétaire et de la réduction de la dette publique japonaise. Selon les données du FMI, le poids de la dette représentait en 2009 217,7% du PIB. A titre de comparaison, l'endettement de la Grèce était de 115,1%.

Les situations économiques ne sont pas les mêmes - la dette japonaise est majoritairement détenue par des créanciers japonais, moins sensibles que des investisseurs étrangers à une éventuelle dégradation du Japon par les agences de notation. Mais de nombreux électeurs acceptent la nécessité d'alléger ce fardeau.

Naoto Kan, ancien ministre des Finances, a avancé l'idée d'un doublement de la TVA, actuellement à 5%. Mais la défaite de dimanche ne le place pas dans les meilleures dispositions pour faire passer cette mesure.

Tôt lundi matin, le Premier ministre a annoncé que son gouvernement opterait pour des accords de circonstances sujet par sujet plutôt que pour un accord formel de coalition.

Dans l'immédiat, il va lui falloir avancer dans l'élaboration du budget 2011-2012, qui s'appliquera à partir d'avril prochain.

avec Kiyoshi Takenaka, Yoko Nishikawa, Shinichi Saoshiro et Leika Kihara, Henri-Pierre André pour le service français.

www.lexpress.fr

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