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La Tunisie prête à coopérer sur l'exode de clandestins

Même si Tunis refuse toute ingérence de l'Italie, les deux pays cherchent à arrondir les angles après l'arrivée de 5000 Tunisiens sur l'île sicilienne de Lampedusa.

Après quelques frictions, la tension entre l'Italie et la Tunisie semble retomber peu à peu. Dès lundi, le ministère tunisien des Affaires étrangères a publié un communiqué dans lequel «la Tunisie réitère sa disposition à coopérer avec les pays frères afin d'identifier les solutions au phénomène de l'immigration clandestine». En cinq jours, 5000 Tunisiens avaient gagné samedi les côtes de la petite île italienne de Lampedusa.

Devant cet afflux massif de clandestins, l'Italie déclarait ce week-end l'état d'urgence humanitaire et faisait appel à l'aide internationale. Le ministre italien de l'Intérieur annonçait même dimanche son intention d'envoyer des policiers en Tunisie pour tenter de freiner l'exode. La réaction tunisienne ne s'est pas fait attendre. Un responsable du ministère tunisien des Affaires étrangères a déclaré à l'agence officielle TAP que son pays affirmait «son rejet catégorique de toute ingérence dans ses affaires intérieures» et a exprimé «son étonnement face à cette position».

Lundi, l'altercation diplomatique est en passe d'être oubliée. La bonne volonté tunisienne est bientôt suivie lundi d'une déclaration apaisée du chef de la diplomatie italienne, Franco Frattini qui cherche lui aussi à arrondir les angles. «La Tunisie et l'Italie ont un intérêt commun à freiner ce trafic et l'Italie peut offrir beaucoup à la Tunisie», a-t-il confié à l'agence Ansa. Le ministre doit faire ce lundi après-midi une visite éclair à Tunis pour évoquer les modalités d'une éventuelle aide italienne.

 

Des moyens pour «contrôler la côte tunisienne»

Franco Frattini a d'ores et déjà évoqué «une aide logistique en termes d'équipement des forces de police, la mise à disposition de moyens importants, tant navals que terrestres pour le contrôle de la côte tunisienne». »Jusqu'à présent les patrouilles sur les côtes nord-africaines ont fonctionné et nous voulons reprendre cette pratique qui, jusqu'au mois dernier, avait réduit à zéro l'immigration clandestine», a-t-il rappelé.

Les raisons de l'exode n'ont toutefois pas été abordées pour le moment. La chute du régime de Ben Ali il y a un mois a entraîné une grande incertitude économique et une importante chute des revenus liés au tourisme (- 40% en janvier) qui représente 6,5% du PIB tunisien. Les nouveaux migrants fuient ainsi «la pauvreté et les grèves», a estimé le Haut commissariat aux réfugiés de l'ONU. Une partie de ces exilés veut «juste attendre de voir ce qui va se passer» dans leur pays, explique la même source. Dans ce contexte, une relance économique rapide pourrait être la meilleure arme pour lutter contre cette immigration. Les autorités tunisiennes ont d'ailleurs multiplié les appels à la communauté internationale pour un soutien à l'économie du pays.

Lundi matin, la responsable de la diplomatie européenne Catherine Ashton est arrivée à Tunis pour soutenir le processus de transition politique. Devant cette soudaine crise migratoire, elle devrait également évoquer avec le premier ministre tunisien Ghannouchi des pistes pour endiguer le flux de clandestins.

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