Les salariés réquisitionnés sont entrés dans l'usine vers 9h après un face-à-face tendu entre gendarmes et grévistes.
Le gouvernement avait décidé de réquisitionner tôt ce matin la raffinerie de Seine-et-Marne. Le préfet est venu sur place distribuer les réquisitions au personnel.
La CGT dénonce une entrave au droit de grève
Le coordinateur CGT du groupe Total, Charles Foulard, a dénoncé vendredi une "entrave au droit de grève", après la réquisition de la raffinerie de Grandpuits (Seine-et-Marne) qui, selon lui, va créer un "électrochoc". "Ce qui vient de se passer à la raffinerie de Grandpuits avec cette entrave a l'exercice du droit de grève va sans nul doute créer un électrochoc et notamment dans l'industrie", a déclaré le dirigeant syndical sur Europe 1.
"Comment peut-on accepter dans un pays des droits de l'Homme d'entraver les salariés" en les empêchant "d'exercer le droit constitutionnel, le droit de grève ? Nous sommes une entreprise de droit privé, c'est une première", a-t-il dénoncé.
Le préfet est venu sur place donner les réquisitions
Les CRS ont "notifié les réquisitions des salariés par le préfet de Seine-et-Marne", a indiqué à l'AFP vers 6h Franck Manchon, délégué syndical CGT". Le préfet de Seine-et-Marne, Michel Guillot, en compagnie de certains de ses collaborateurs, "est venu lui-même donner les réquisitions au personnel dans le but d'alimenter les stations service et tous les clients de Total, tout ça sous prétexte d'un code Défense", s'est insurgé le responsable syndical. "Nous ne sommes pas en guerre, nous ne sommes pas en état de siège, le code défense ne s'applique pas dans ce cas-là", a-t-il martelé.
Les accès de la raffinerie étaient bloqués depuis plusieurs jours par les grévistes, qui avaient décidé d'alléger le piquet de grève, composé vendredi matin d'"une quinzaine de personnes". Un "cordon citoyen" d'environ 80 personnes, habitants du quartier ou militants d'autres corporations, avait tenté en vain d'empêcher tôt vendredi matin la réquisition.
Selon Jean-Louis Borloo, il y a entre "20 et 21% de stations-service à sec" et une"lente amélioration".