…et peut-être onze autres restes humains.
L’affaire fait grand bruit après des années de silence. C’est Elsa Vigoureux, reporter au Nouvel Observateur, qui a révélé que la justice a ordonné la destruction en 1998 du cadavre d’un enfant.
“Le 17 mars 1983, Ludovic Janvier, six ans et demi, disparaît à Saint-Martin d’Hère dans l’Isère alors qu’il part acheter des cigarettes. Deux ans plus tard, deux spéléologues trouvent dans une grotte d’Engins le corps d’un enfant. D’après les légistes, ce cadavre appartient à un garçon de six ans ou sept ans, comme Ludovic, dont le crâne a été fracassé avec un outil lourd. La date de l’assassinat semble aussi remonter approximativement à celle de la disparition de Ludovic. La découverte est cruciale. Mais à cette époque, les techniques de recherches ADN en sont à leurs débuts. Il faut comparer la fiche dentaire de Ludovic à la mâchoire de ce corps, pour s’assurer qu’il s’agit bien d’une seule et même personne. Le petit Janvier n’est jamais allé chez le dentiste. Les deux affaires, closes, vont se perdre dans les archives du tribunal de Grenoble. Et l’impensable arrive en 1998 : les autorités judiciaires ordonnent la destruction du corps.”
Elsa Vigoureux affirme que “cette même année, onze autres cadavres sont détruits. Un geste difficilement compréhensible dans l’Isère, où neuf cas de disparitions ou meurtres d’enfants non-élucidés ont entraîné la création il y a deux ans d’une cellule d’enquête spéciale “Mineurs 38″.
Une révélation qui interpelle évidemment le ministère de la justice. Michèle Alliot-Marie, la garde des Sceaux, a ordonné une inspection des services judiciaires, pour que toute la vérité soit faite et déterminer s’il y avait eu des dysfonctionnements éventuellement liés à l’enquête sur neuf disparitions ou meurtres d’enfants en Isère entre 1983 et 1996. «Il est fait état de destruction de corps humains, de disparition de dossier. Ce sont des faits qui, s’ils sont avérés, sont susceptibles de révéler de graves dysfonctionnements», a déclaré Guillaume Didier, porte-parole du ministère.
Le parquet général de Grenoble a confirmé qu’en 1998, une liste d’«une centaine de prélèvements biologiques» avait été envoyée au procureur de Grenoble par le service de médecine légale du CHU de Grenoble pour demander l’autorisation de les détruire. Parmi ceux qui ont été détruits, «une douzaine» concernait des «procédures sous X, dont les victimes n’avaient pas été identifiées». Parmi cette douzaine de prélèvements, «un seul concernait des fragments d’ossements» retrouvés en 1985 dans une caverne du Vercors, selon le parquet.
On fait valoir, au parquet général, que les recherches sur l’ADN n’étaient pas pratiquées. En revanche, réfutant l’article du Nouvel Observateur, le parquet assure que les autres scellés détruits «n’étaient absolument pas des corps» mais seulement des «prélèvements biologiques», comme de l’urine ou des cellules musculaires. «A l’époque, aucun rapprochement n’avait été fait avec les affaires en cours non élucidées», a ajouté la même source.(AFP/Le Parisien)
L’AFP souligne que l’enquête sur neuf disparitions ou meurtres d’enfants en Isère entre 1983 et 1996, confiée à une cellule de recherche de la gendarmerie, “Mineurs 38″, est sur le point de s’achever sans apporter de résultat notable. Les investigations ont néanmoins permis d’écarter l’hypothèse d’un tueur en série pour “l’ensemble” des meurtres ou disparitions de cinq filles et de quatre garçons, alors âgés de 5 à 16 ans, en Isère.
En voici la liste :