Deux heures après le feu vert du sommet international de Paris à une opération militaire pour stopper les forces de Kadhafi, des avions français ont ouvert le feu samedi à 17h45, détruisant plusieurs blindés libyens.
Une déclaration du président français faite à l'issue du sommet international de "soutien au peuple libyen" réunissant à Paris pays européens, arabes et nord-américains et le chef de l'ONU. Au total les représentants de 22 pays et organisation étaient là. Et voici ce qui a été décidé. Car "il est temps de passer à l'action", a résumé le Premier ministre britannique David Cameron. "Les participants sont convenus de mettre en oeuvre tous les moyens nécessaires, en particulier militaires, pour faire respecter les décisions du conseil de sécurité des Nations Unies", la résolution 1973, a affirmé le chef de l'Etat français. "Notre coalition est prête à agir" en Libye, a ensuite commenté Barack Obama, en déplacement au Brésil et représenté à Paris par Hillary Clinton.
L'avertissement à Kadhafi lancé par Nicolas Sarkozy à l'issue du sommet est resté sans réponse. Le président français avait lancé au leader libyen qu'il était encore temps pour lui d'échapper à la solution de force en respectant "sans délai et sans réserve" la résolution de l'Onu pour "éviter le pire". "La porte de la diplomatie" se rouvrira lorsque les agressions contre la population "cesseront" en Libye, a ajouté le chef de l'Etat. Dans la matinée, dans un message adressé à la France et aux autres pays de la coalition, le leader libyen avait lancé aux Occidentaux qu'ils "regretteront" toute intervention militaire et ingérence en Libye (lire notre article > Kadhafi met en garde les Occidentaux).
Qui participe ?
Les participants du sommet de Paris auront des "contributions différenciées", selon le communiqué final. La France, la Grande-Bretagne et le Canada feraient partie de la première vague et les Etats-Unis suivraient rapidement. Au cours de la réunion de Paris, le Qatar a confirmé son intention de participer aux opérations militaires, selon des diplomates. Outre la France et la Grande-Bretagne, leaders dans cette offensive diplomatico-militaire en Europe, la Belgique, les Pays-Bas, le Danemark et la Norvège, ont confirmé leur participation. Le porte-avions français Charles-de-Gaulle, devrait d'ailleurs, selon le ministère de la Défense, quitter dimanche sa base de Toulon en direction de la Libye, à moins de deux jours de mer de là. Le Canada a annoncé l'envoi de 7 avions de chasse pour cette opération.
La position des Etats-Unis, qui soutiennent cette opération, n'est pour l'instant pas clairement définie. Les Américains "vont apporter des capacités à l'effort militaire", a affirmé Hillary Clinton, refusant d'en dire plus. L'Italie offre "pour le moment" ses bases militaires en vue de l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne en Libye, mais n'exclut pas une participation plus importante dans un second temps, a déclaré à Paris Silvio Berlusconi cité par l'Ansa. La Grèce pourrait en outre mettre à disposition de la coalition des bases.
En revanche, l'Allemagne, abstentionniste du vote de la résolution onusienne, n'en sera pas. Comme prévu. La chancelière allemande, Angela Merkel, l'a confirmé à Paris. Si son pays "ne prendra pas part à l'opération sur le plan militaire", il y participera de manière indirecte : "nous assumerons des responsabilités supplémentaires en Afghanistan". Comprenez : envoyer des avions de surveillance là-bas ce qui permettra aux Etats-Unis de dégager leurs propres avions pour les envoyer en Libye. La Russie, également abstentionniste à l'Onu en ne faisant donc pas valoir son droit de veto, a regreté samedi l'intervention armée étrangère en Libye.
L'intervention consisterait d'abord à viser des bases aériennes et des objectifs autour de Tripoli, pour ensuite clouer au sol l'aviation libyenne, détruire ses systèmes de défense anti-aérienne, couper les communications des forces de Kadhafi et entraver leurs déplacements.