La grève illimitée dans les six raffineries de Total se poursuit, lundi 22 février. Elle risque de se durcir, malgré les tentatives de la direction et du gouvernement de rassurer les salariés, et surtout de s'étendre à d'autres raffineries. La France compte douze raffineries au total. Les salariés de deux raffineries Exxon Mobil situées dans l'Hexagone ont déjà annoncé qu'ils feraient grève mardi. Les autres raffineries appartiennent à Ineos, Petroplus et LyondellBasell (anciennement Shell).
"Nous invitons les automobilistes à se rendre dans les stations-service" pour montrer leur solidarité avec les grévistes, a ajouté Charles Foulard de la CGT. L'Union française des industries pétrolières a dit vendredi que la France disposait de dix à vingt jours de stocks de carburant disponible pour approvisionner les stations-service, sans toutefois exclure des problèmes "minimes" ponctuels.
Le ministre de l'industrie, Christian Estrosi, affirme sur Europe 1 qu'il n'y aurait "pas de problème d'approvisionnement" de carburants en France. M. Estrosi demande à la direction de Total d'annoncer sa "décision dans les tout prochains jours" quant à l'avenir du site de la raffinerie des Flandres à Dunkerque. "On ne peut pas laisser les salariés", qui "ne sont pas excessifs" mais "raisonnables", "dans le flou", assure M. Estrosi. "Je demande la reprise immédiate des négociations", a-t-il ajouté en affirmant que Christophe de Margerie, patron de Total, s'était "engagé" devant lui, lors de leur rencontre dimanche à Bercy, à "pérenniser l'activité du site industriel" de Dunkerque. "Il appartient à Total de dire" si on "remet en route la raffinerie" ou si "on remet en route autre chose".
La direction de Total, qui doit faire le point sur le sujet lundi, a assuré que ce n'avait pas été le cas ce week-end, durant le chassé-croisé sur les routes des vacanciers. Pourtant, des automobilistes ont pris leurs précautions pour, selon l'expression de l'un d'entre eux, "ne pas tomber en rade à cause de la grève", provoquant parfois l'assèchement de certaines pompes, comme à Rennes, Toulouse ou en Loire-Atlantique.
Les négociations direction-syndicats au siège du groupe à La Défense ont été rompues dimanche en début de soirée. Le PDG de Total, Christophe de Margerie, reçu dimanche par le ministre de l'industrie Christian Estrosi, a promis de compenser la très probable fermeture de la raffinerie de Dunkerque (370 salariés, et 400 à 450 chez les sous-traitants), à l'origine du conflit, en maintenant une activité industrielle sur le site.
Pour Charles Foulard (CGT), "contrairement aux propos de M. Estrosi et de M. de Margerie, la direction en est restée aux simples annonces d'intention de participation à une table ronde sur Dunkerque et à une table ronde nationale [sur le raffinage pétrolier en général] sans aucune garantie. Nous allons appeler les salariés à durcir le mouvement. Des assemblées générales sont prévues à partir de lundi dans tout le groupe". "La grève continue, elle sera votée lundi sur tous les sites", a affirmé Philippe Wullens (Sud).