La Fédération irlandaise de football et le gouvernement irlandais ont dénoncé jeudi les conditions de la qualification de la France pour la phase finale de la Coupe du monde de football, mercredi soir au stade de France à Saint-Denis, réclamant que le match France-Irlande (1-1) soit rejoué.
Thierry Henry, capitaine de l'équipe de France, a contrôlé à eux reprises la balle de la main avant sa passe décisive qui a permis à William Gallas d'égaliser à la 103e minute du match, lors des prolongations, et de qualifier ainsi les Bleus pour le Mondial 2010 en Afrique du Sud. Henry a lui même reconnu avoir fait une main, une faute qui aurait entraîné l'annulation du but si l'arbitre l'avait sifflée.
"Si ce résultat (1-1) est maintenu, cela renforcera l'idée que, si vous trichez, vous gagnez", a lancé le ministre irlandais de la Justice Dermot Ahern, en relevant que la double main de Henry avait été précédée, juste avant, d'une autre faute non sifflée, le hors-jeu de deux joueurs français lors du coup franc ayant conduit au but contesté.
Et le ministre d'interpeller la Fédération internationale de football (FIFA). "Des millions de gens dans le monde ont vu qu'il s'agissait d'une double main flagrante, sans parler du double hors-jeu", a ajouté M. Ahern. "Nous devrions mettre sur la sellette les pouvoirs que détient le monde douillet de la FIFA et exiger que le match soit rejoué."
A l'appui de sa demande de nouveau match, la Fédération irlandaise de football a rappelé le précédent de 2005, lorsque la FIFA elle-même avait déclaré invalide le résultat d'un match Ouzbékistan-Bahreïn de qualification pour le Mondial 2006, à la suite d'une erreur d'arbitrage.
"La Fédération irlandaise de football espère que la FIFA et sa commission de discipline, au nom des fans de football du monde entier, agiront de façon similaire afin que les standards de fair play et d'intégrité puissent être protégés", selon le communiqué de la FAI.
Toutefois, le propre sélectionneur de l'équipe irlandaise, l'Italien Giovanni Trapattoni, ne se fait pas trop d'illusions. "Je sais qu'il est impossible de rejouer le match", a déploré le coach lors d'une conférence de presse à Dublin. Mais il appelle les instances internationales du football à autoriser l'aide à l'arbitrage par vidéo pour qu'un tel incident "ne puisse pas se reproduire à l'avenir".
Jointe à son siège suisse, la FIFA n'a pas souhaité intervenir dans la polémique.
Les joueurs de l'équipe d'Irlande et le manager adjoint Liam Brady en ont appelé au sens de l'honneur des Français. "Si on veut avoir de l'intégrité et de la dignité dans le jeu au niveau mondial, le match doit être rejoué. Et nous irons à Paris pour le jouer", a lancé Brady.
Certains ont également rappelé le précédent de 1999 lorsque l'entraîneur français d'Arsenal, Arsène Wenger, avait volontairement accepté de rejouer un match de Coupe d'Angleterre après une victoire du club londonien obtenue sur un but imméritée.
La tristesse et l'indignation dominaient parmi les joueurs irlandais. "On nous a volés", se lamentait le défenseur irlandais Sean St. Ledger. "Nous nous sentons floués. Nous étions la meilleure équipe." La main de Henry, a-t-il résumé, "a fait s'envoler nos rêves pour beaucoup d'entre nous". AP