Engagement tenu. Cette nuit, à 1h du matin (heure française), Barack Obama a annoncé officiellement la fin de la mission de combat des troupes américaines en Irak, sept ans après une invasion à laquelle il s'était opposé. A partir d'aujourd'hui, les 49700 GIs encore présents en Irak sont chargés "de conseiller et d'aider" l'armée irakienne. Cette opération nommée "Aube nouvelle" devrait s'achever fin 2011 avec le départ des derniers soldats.
"L'Irak devient aujourd'hui un pays souverain et indépendant", s'est réjoui hier le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki. Avec quelque 220 000 soldats et 500 000 recrues dans les rangs de la police et des milices assimilées, il s'est dit convaincu que son pays est capable d'assurer sa propre sécurité, "malgré une campagne de scepticisme".
En effet, la recrudescence des attentats meurtriers ces derniers mois inquiète jusqu'au chef d'état-major irakien. Le général Babaker Zebarine estime que ses hommes ne seront pas prêts avant 2020 et exhorte les Américains à rester. Et ce d'autant plus que le pays traverse une crise politique, sur fond de tensions inter confessionnelles entre chiites, sunnites et kurdes.
Depuis les législatives de mars dernier, aucun compromis n'a encore été trouvé pour former un gouvernement de coalition. Il est pourtant urgent de rebâtir le pays, exsangue. "On avait promis un avenir radieux aux Irakiens. Globalement, c'est tout le contraire, explique Barah Mikaïl, chercheur à l'Iris. Les infrastructures sont en mauvais état.
L'approvisionnement électrique et hydraulique est aléatoire. Les mauvaises conditions d'accès à une eau de qualité ont provoqué des épidémies de choléra. Et si le gouvernement parle de quelque 20% de chômeurs, certains rapports évaluent le taux de chômage au delà de 50%". Seul point positif: malgré les récents attentats, la sécurité dans le pays s'est améliorée.
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