L'histoire risque-t-elle de se répéter ? L'espace aérien islandais a été fermé toute la journée après l'entrée en éruption du Grimsvötn, le volcan le plus actif du pays, qui a dégagé un panache de fumée s'élevant jusqu'à 20 km de hauteur.
Or l'an dernier, la propagation du nuage de cendres issu de l'éruption, le 16 avril, d'un autre volcan islandais, l'Eyjafjöll, avait entraîné la paralysie presque totale du trafic aérien en Europe. Sur un mois, plus de 100.000 vols avaient été annulés et plus de 8 millions de passagers s'étaient retrouvé bloqués.
Les autorités aéronautiques, qui craignaient que les fines poussières volcaniques n'endommagent les moteurs, le fuselage et les capteurs des avions, avaient en effet préféré les laisser immobilisés. Ce blocus aérien, dont l'utilité avait été contestée, avait coûté cher aux transporteurs : 1,8 milliard de dollars au total pour les membres de l'Association internationale du transport aérien (Iata en anglais) selon une estimation de juin 2010 de l'Association des compagnies européennes.
Cette fois, la situation semble différente. « L'éruption est forte, mais comme la cendre est composée de basalte elle est plus rugueuse et retombe bien plus vite au sol », déclarait ainsi un géophysicien à l'AFP. Les vents étaient par ailleurs assez calmes hier. « Il n'y a pour l'instant pas d'impact sur les vols européens ou transatlantiques, et la situation devrait rester ainsi pour les prochaines 24 heures », affirmait Eurocontrol, l'organisation européenne de la sécurité aérienne, en milieu de journée.
Une analyse confirmée par la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) qui indiquait cependant être « en alerte » pour surveiller l'évolution de cette éruption. « On ne peut pas exclure qu'il y aura des conséquences sur le trafic aérien. Les Islandais ont fermé leur espace aérien par précaution, mais aujourd'hui on ne peut pas encore dire si il y aura des conséquences et lesquelles elles seront », estimait pour sa part un peu plus tôt la ministre française des Transports, Nathalie Kosciusco-Morizet.
Selon Eurocontrol, le nuage de cendres venu d'Islande pourrait atteindre le nord de l'Ecosse demain en milieu de journée, puis la France et l'Espagne jeudi si l'activité volcanique conserve la même intensité. La puissance de l'éruption semblait cependant décliner, hier, en fin de journée, indiquaient les autorités islandaises.