Annoncé comme le mariage du siècle par toute la presse spécialisée en « têtes couronnées », l’union célébrée ce vendredi 29 avril 2011 entre le prince William, deuxième dans l’ordre de succession au trône britannique et Kate Middleton, une roturière de 29 ans, cumule tous les superlatifs du genre que ce soit dans le nombre d’invités, le coût de la cérémonie ou le goût si particulier des traditionnels objets commémoratifs.
Un événement d’une telle ampleur ne serait pas réellement britannique s’il ne mobilisait pas les bookmakers, ces officines où tout et chacun prend plaisir à parier sur tout et à peu près n’importe quoi. Pour l’occasion, les bookmakers se sont dépassés et on peut parier sur à peu près tout ce qui concerne le mariage de Kate et William. La couleur du chapeau que portera la reine Elizabeth ? Jusqu’ici, le jaune tient la corde. La longueur de la traîne de la robe de Kate ? Deux mètres quarante, misent ceux qui pensent que la tenue de la mariée ne sera pas (trop) ostentatoire.
Le grand-père du marié, le prince Philip, va-t-il s’offrir un petit roupillon au moment crucial de l’échange des consentements et de combien de minutes sera le retard de Kate à l’abbaye de Westminster ou encore combien d’années durera le mariage ? A cette interrogation, les pessimistes ou les réalistes misent sur dix ans. Ce délicieux frisson des pronostics déborde largement le Royaume-Uni ; selon un des plus célèbres bookmakers londoniens, plus de 100 000 joueurs ont enregistré leurs mises depuis plus de 80 pays dans le monde engageant ainsi plus d’un million de livres.
Pour quelques dizaines de millions
Le million de livres engagé par les parieurs fait cependant bien piètre figure à côté des dizaines de millions que devrait coûter le « mariage du siècle ». La note devrait en effet être salée entre les 1 900 invités, les banquets, le bal, la procession en carrosses au cœur de Londres, sans oublier le dispositif policier destiné à assurer la sécurité de tout ce beau monde. Comme pour n’importe quel mariage, les deux familles se sont entendues pour partager les frais, sauf qu’ici il convient d’ajouter quelques zéros au bas des factures. A la famille de Kate Middleton, roturière certes mais loin d’être sur la paille, revient l’achat de la robe (environ 33 000 euros) qui devrait être plus « discrète » assure la presse people que celle de la princesse Diana, ombre tutélaire de la célébration. En ajoutant la location de quelques chambres au Goring, un luxueux hôtel londonien, pour la dernière nuit de célibataire de leur fille, ainsi que le voyage de noces à la destination encore secrète, les Middleton s’en sortiront avec une addition d’environ 113 000 euros.
Pour les Windsor, la facture pèsera bien plus lourd entre les réceptions, (Charles, le père du marié, se charge du dîner suivi d’un bal à Buckingham pour 300 personnes), et le déjeuner de 650 couverts concocté par 21 cuisiniers, offert par la reine et dont le menu est rédigé en français, tradition oblige. Interrogée, Elizabeth II a d’ailleurs refusé de dévoiler le coût total du mariage estimant qu’il s’agissait là d’une « affaire privée ». C’est peut-être un peu vite dit surtout quand on sait que les festivités, évaluées à environ 33 millions d’euros, seront pour les deux tiers à la charge du contribuable britannique. Ce dernier aura à sa charge les quelque 5 000 policiers et militaires chargés de sécuriser le cœur de Londres, les badauds massés sur le parcours comme la famille royale et ses prestigieux invités. Le 29 avril ayant été décrété jour férié, le salaire versé à tous ces agents pèsera d’autant plus lourd. Un jour férié particulièrement apprécié par bien des Britanniques qui se sont ainsi offerts un pont « royal » entre les fêtes pascales et le mariage, cumulant onze jours de congé. Un « cadeau » que n’a plus les moyens de s’offrir la Grande-Bretagne, remarquent quelques économistes. De son côté, la Confédération patronale britannique évalue à 7 milliards d’euros le manque à gagner induit par cette générosité toute monarchique.
Un incertain retour sur investissement