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Jeune femme fauchée cherche homme riche: les "Sugar" envahissent le web

D'un côté, un homme d'un certain âge,
au portefeuille bien garni. De l'autre, une jeune femme, mignonne et
sans le sou. Sugar Daddy et Sugar Baby vont pouvoir se rencontrer et "se
câliner" via un site web américain qui parle argent sans complexes,
mais refuse le mot de prostitution.


                 

SeekingArrangement.com (SA, A la
recherche d'un accord) ne tourne pas autour du pot : "Nous mettons en
relation des riches bienfaiteurs et des belles filles ou de beaux
garçons".

              

Il est l'un des dizaines de sites
de ce type qui foisonnent depuis quelque temps sur la Toile, autour de
l'idée du Sugar Daddy, une expression ancienne qui désigne un homme âgé
entretenant une jeune personne.

Sur SA, le principe est
simple : Sugar Daddy "qui est riche et n'a pas de temps à perdre,
cherche quelqu'un à gâter", se décrit, donne les chiffres de son compte
en banque et le montant de l'allocation mensuelle qu'il peut verser, de
moins de 1.000 dollars à plus de 20.000.

              

Il lui en coûtera 50 dollars par mois, plus 1.000 dollars par an pour que le site certifie sa fortune.

              

"Vous êtes mignonne, ambitieuse et
jeune, vous cherchez un bienfaiteur généreux à câliner qui peut-être
vous apportera une aide financière ?". Sugar Baby n'a plus qu'à faire
savoir --et c'est gratuit pour elle-- combien grosso modo elle attend.

              

Le couple va alors se rencontrer, dîner, voyager et plus si affinités.

              

"Il ne s'agit pas de prostitution !", s'exclame Brandon Wade, 41 ans, le fondateur de SA interrogé par l'AFP.
"Qu'y a-t-il de mal à vouloir rencontrer quelqu'un de riche qui veut
vous gâter ? Une jeune fille qui sort avec un homme plus vieux, et
riche, on la traite tout de suite de prostituée !", s'indigne-t-il.

              

"S'il ne s'agissait que d'argent et de sexe, les gens iraient sur un site de prostituées", dit ce diplômé du prestigieux Massachusetts
Institute of Technology, "ici, on échange de l'argent contre une
relation. S'il n'y a pas d'étincelle entre les deux personnes, rien ne
se passe", insiste-t-il.

              

Mais l'argent, même si M. Wade s'en
défend mollement, est au coeur du sujet. Le logo de SA est un coeur
rouge barré du signe $ pour dollar et la page d'accueil montre un
quadragénaire dont la poche regorge de billets.

              

Pour Ronald Weitzer, professeur de sociologie à l'université George Washington
de la capitale américaine et auteur de nombreuses études sur
l'industrie du sexe, la loi américaine parle de prostitution "quand il y
a une transaction directe, sexe contre argent, dont on parle dès le
début de la rencontre", dit-il à l'AFP.

              

Dans le cas de SA, "aucun montant n'est spécifiquement demandé", affirme l'universitaire.

              

"La plupart des femmes qui
utilisent ce site ne se définiraient pas elles-mêmes comme prostituées",
dit-il, "mais demandons-leur si, fondamentalement, elles échangent le
flirt et le sexe contre un avantage économique, et elles ne peuvent que
dire oui", ajoute le sociologue, pour qui SeekingArrangements est "à la
limite" entre rencontre et prostitution.

              

Selon le patron de SA, 35% des
Sugar Babies inscrites sont des étudiantes, qui peuvent ainsi payer
leurs études, un chiffre invérifiable et qui paraît élevé.

              

Quant aux Sugar Daddies,
cherchent-ils la romance ou l'amour tarifé ? "Nous ne le savons pas
vraiment", dit le sociologue, "mais ce qui est certain, c'est qu'ils ont
de l'argent. Ils sont avocats, industriels, banquiers, pas le genre de
personne à chercher des prostituées dans la rue".

voila.fr

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