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Hypothèses et polémiques sur la santé de Johnny Hallyday

Johnny Hallyday a été placé de nouveau en coma artificiel vendredi 11 décembre à l'hôpital Cedars-Sinaï de Los Angeles, pour "une raison de confort, pour l'empêcher de souffrir et pouvoir lui administrer son traitement", a indiqué le service de presse du chanteur. Hospitalisé dans cet établissement depuis le 7 décembre, la vedette y a subi une nouvelle intervention chirurgicale en urgence, dans la nuit du 9 au 10 décembre, en raison de complications après l'opération pratiquée le 26 novembre à Paris pour une hernie discale.

Après l'intervention pratiquée à Los Angeles, le chanteur avait été placé dans un coma artificiel dont il était sorti le 11 décembre. L'entourage de Johnny Hallyday a mis en cause la qualité des soins délivrés à Paris par le neurochirurgien français Stéphane Delajoux et a fait état d'une infection postopératoire.

Le fait que Johnny Hallyday ait été opéré d'un cancer du côlon l'été dernier suscite évidemment des interrogations. Pour le professeur Christian Mazel, chef du service de chirurgie orthopédique et traumatologique à l'Institut mutualiste Montsouris (Paris), "les éléments qui ont été rendus publics, la durée de l'intervention (un peu plus d'une heure) et la sortie rapide paraissent compatibles avec une hernie discale banale et une complication infectieuse postopératoire". Président du Comité technique national des infections nosocomiales, le professeur Jean Carlet se dit cependant surpris par le délai relativement court entre l'opération et un possible abcès.

Rien n'est précisé sur l'endroit exact de l'infection. S'agit-il d'un abcès au niveau de la plaie ou bien le disque intervertébral lui-même - à l'origine de la hernie - est-il infecté ? "Dans le second cas, il s'agit d'une pathologie beaucoup plus lourde, nécessitant une antibiothérapie au long cours et éventuellement une nouvelle opération, commente le professeur Mazel. Dans les deux cas, il existe un risque de méningite. Le fait de recourir à un coma artificiel paraît logique, mais c'est un indice de gravité, car on ne le fait pas pour de simples raisons de confort."

La Clinique internationale du parc Monceau, où Johnny Hallyday a été opéré à Paris, possède une bonne réputation sur le plan de la lutte contre les infections nosocomiales. Avec un score de 94,1/100, elle est cotée A dans la classification que vient d'établir le ministère de la santé, la catégorie des établissements ayant les meilleurs résultats.

"PAS DU TOUT INTELLIGENT"

"La chirurgie des hernies discales est une chirurgie propre. Les infections sont très rares, de l'ordre de 0,5 % à 1 %. Malgré les efforts, il est impossible de les faire totalement disparaître", souligne le docteur Philippe Leonard, chirurgien orthopédiste à l'hôpital de la Croix-Saint-Simon, à Paris. Il ne s'étonne pas d'une nouvelle intervention : "Quand il y a une infection, c'est presque obligatoire de devoir aller nettoyer, d'enlever le tissu infecté et de refaire des prélèvements sur place afin de pouvoir adapter l'antibiothérapie."

Producteur de Johnny Hallyday, Jean-Claude Camus a estimé que le chanteur était "parti beaucoup trop vite pour Los Angeles, avec l'autorisation du chirurgien parisien". "J'ai eu ce médecin en personne en ligne, qui m'a assuré qu'il n'y avait aucun problème pour ce voyage", a ajouté M. Camus. Même si des interventions pour hernie discale sont maintenant pratiquées avec un retour à domicile très rapide, le fait d'avoir effectué un long voyage en avion trois jours après l'opération "ne paraît pas du tout intelligent" au professeur Carlet.

M. Camus a sévèrement mis en cause le docteur Delajoux : "On nous a dit que c'était un massacre. Les chirurgiens de Los Angeles ont dit qu'ils étaient outrés." Le docteur Delajoux a été victime d'une agression, à Paris, dans la nuit du 12 novembre. Son avocat, Me David Koubbi, s'était exprimé vendredi : selon lui, l'intervention s'était "parfaitement déroulée" et les examens postopératoires étaient "normaux" ; l'opération "n'était pas hémorragique et ne nécessitait donc pas la pose d'un drain". D'un côté comme de l'autre, l'éventualité de suites judiciaires est évoquée.

Paul Benkimoun
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