La banque britannique HSBC, plus grosse banque européenne, a annoncé
la suppression de 30 000 emplois dans le monde d'ici à 2013 et son
retrait de pays où il rencontre une rude concurrence. Cette réduction de
près de 10 % des effectifs s'inscrit dans le cadre d'un ambitieux plan
d'économies, annoncé en mai, visant à réduire les coûts de fonctionnement du groupe de 2,5 à 3,5 milliars de dollars d'ici à 2013.
La banque précise que 25 000 emplois devraient être
supprimés dans les deux ans, en plus des 5 000 suppressions annoncées
lors de la publication de résultats financiers très positifs.
L'EUROPE ET LES ÉTATS-UNIS TOUCHÉS
Ainsi, les revenus de HSBC sont restés quasi-stables à 35,7 milliards de dollars (24,4 milliards d'euros) au 1er semestre de cette année par rapport à la même époque de 2010, alors que son bénéfice net a explosé de 35 % pour atteindre 8,9 milliards de dollars (environ 6,2 milliards d'euros).
Au vu des derniers résultats semestriels, les pays européens et les Etats-Unis devraient être les premiers concernés en raison d'une stagnation, voire une légère baisse, des revenus.
La filiale française de HSBC, qui emploie actuellement environ 10 000
personnes, avait déjà annoncé la suppression de 672 postes début
juillet. La direction avait indiqué qu'elle comptait s'appuyer sur "des départs à la retraite" et proposer aux salariés éligibles, proches de l'âge de la retraite, un congé de fin de carrière et de solidarité.
Le syndicat britannique Unite a estimé que les "pires craintes étaient confirmées" et dénoncé une "restructuration brutale qui plonge des milliers d'employés dans l'incertitude sur leur avenir".
Les investisseurs ont à l'inverse salué avec enthousiasme les annonces
de HSBC, dont le cours montait en milieu de matinée. HSBC est la
première des grandes banques britanniques à publier ses résultats. Ses concurrentes sont aussi en train de réduire leurs effectifs et de revoir leur modèle commercial en réaction à la crise de la zone euro.