La chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, s'est rendue en visite surprise vendredi au Pakistan, prévoyant notamment de poser des "questions très difficiles" à cet allié après l'élimination d'Oussama Ben Laden. Les Etats-Unis n'ont "absolument aucune preuve" qu'un quelconque responsable au "plus haut niveau" au Pakistan ait su où se trouvait Oussama Ben Laden, a déclaré la secrétaire d'Etat. Elle a ajouté que l'anti-américanisme profondément ancré dans l'opinion publique au Pakistan "ne résoudra pas les problèmes" du pays.
Hillary Clinton a rencontré le président Asif Ali Zardari, le premier ministre, Yousuf Raza Gilani, et le général Ashfaq Kayani, patron de l'armée. Elle est accompagnée par l'amiral Mike Mullen, le chef d'état-major américain.
L'atmosphère des discussions avec le premier ministre a été décrite comme "tendue" et "délicate". La troisième rencontre, la plus attendue par la délégation américaine, devait réunir Mme Clinton, l'amiral Mullen, le général Kayani et Ahmad Shuja Pasha, chef des services de renseignement (ISI). Les dirigeants américains doivent réclamer au Pakistan plus de coopération contre Al-Qaida et les talibans, ainsi qu'une aide pour favoriser une solution politique en Afghanistan.
Cette visite intervient au moment où les talibans alliés à Al-Qaida, qui ont juré de venger Ben Laden, intensifient ces derniers jours une campagne d'attentats extrêmement meurtrière, Mme Clinton évoquant à ce propos un véritable "sacrifice" humain.
LeMonde