jeudi 7 septembre 2006, 7h52
WASHINGTON (Reuters) - Le président George Bush a reconnu mercredi pour la première fois que des étrangers soupçonnés de terrorisme
avaient été détenus en dehors des Etats-Unis par des agents de la CIA
et annoncé que 14 d'entre eux, détenus par la CIA, avaient été
transférés à Guantanamo, passant de fait sous le contrôle du Pentagone.
Bush a argumenté en faveur de ce
programme de la CIA visant à interroger des suspects, estimant qu'il
s'agissait d'une source capitale de renseignements.
"Notre sécurité dépend de notre faculté à
obtenir ce genre de renseignements", a déclaré Bush. Le programme de la
CIA avait été révélé l'année dernière par le Washington Post, et avait
soulevé un tollé international contre l'administration Bush, laquelle
n'avait jamais reconnu officiellement l'existence de tels centres de
détention secrets.
En réponse aux critiques formulées par
les associations de défense des droits de l'homme, le président a
affirmé que les agents de la CIA traitaient les détenus avec humanité
et sans utiliser la torture.
"Si ce programme n'existait pas, les
services de renseignements (américains) pensent qu'Al Qaïda et ses
alliés seraient parvenus à organiser de nouveaux attentats contre la
patrie américaine", a estimé Bush, à cinq jours de l'anniversaire des
attentats du 11 septembre.
"En nous donnant des informations que
nous n'aurions jamais pu nous procurer ailleurs, ce programme a sauvé
des vies innocentes", a-t-il poursuivi à l'occasion d'un discours sur
le terrorisme, le troisième d'une série entamée la semaine dernière.
TRIBUNAUX MILITAIRES
En outre, Bush a annoncé que les 14 terroristes présumés avaient été envoyés au centre de détention américain de Guantanamo Bay à Cuba pour y être jugés par des tribunaux militaires qu'il espère voir mettre sur pied par le Congrès.
La Cour suprême a jugé illégaux, en juin,
les tribunaux militaires devant lesquels devaient comparaître ces
détenus, pour la plupart capturés en Afghanistan.
Bush a précisé que parmi les 14 suspects
transférés se trouvaient Khalid Cheikh Mohamed, cerveau présumé des
attentats du 11-Septembre, Ramzi Binalchibh et Abou Zoubaydah, deux des
principaux dirigeants d'Al Qaïda.
Les renseignements obtenus auprès de Zoubaydah ont, selon lui, permis de déjouer un attentat sur le territoire américain.
Les confessions de Mohamed ont par
ailleurs conduit à l'arrestation d'un autre terroriste présumé nommé
Zoubaïr et ont apporté des informations sur les efforts d'Al Qaïda pour
obtenir des armes biologiques, a-t-il assuré.
"Dès que le Congrès autorisera les
commissions militaires que j'ai proposées, ces hommes qui, selon nos
responsables du renseignement, ont orchestré la mort de quelque 3.000
Américains le 11 septembre 2001, seront confrontés à la justice", a-t-il souligné.
De hauts responsables de l'administration
Bush ont affirmé que la CIA détenait moins d'une centaine de suspects,
et qu'après ce dernier transfert sous le contrôle du Pentagone, il n'en
restait plus aucun.
Le président n'a pas indiqué où se
trouvaient ces centres de détention, mais l'existence de telles
structures a été signalée en Europe de l'Est.
Au mois de mai, le Comité de l'Onu contre la torture a demandé aux Etats-Unis de fermer ces prisons
secrètes à l'étranger mais des hauts responsables du gouvernement ont
soutenu que ce programme était essentiel et qu'il devait continuer à
fonctionner.