Jean-François Copé, président du groupe UMP, avait invité ses députés à voter la confiance "sans aucun état d'âme".
SAISIR LE COURS DE L'HISTOIRE
Le chef du gouvernement a voulu en outre dissiper les inquiétudes sur l'avenir de l'Europe de la défense, qui pâtirait de l'omnipotence otanienne, en expliquant que "la dernière marche" franchie par Paris visait à "stopper ce jeu à somme nulle qui consister à monter l'Europe de la défense contre l'Otan" et vice versa.
"S'il est une leçon que nous devons retenir du général de Gaulle, c'est bien celle qui consiste à ne jamais regarder l'avenir avec les yeux du passé", a-t-il souligné lors d'un discours d'une quarantaine de minutes en prélude à un débat de près de quatre heures.
Salué dans les chancelleries occidentales, par contraste avec le vif débat intérieur, le retour de la France dans la structure militaire alliée, dont elle est absente depuis 1966 sur décision du général de Gaulle, sera officialisé lors des cérémonies du 60e anniversaire de l'Otan les 3 et 4 avril.
"En 1966, au paroxysme des tensions Est-Ouest, notre retrait de l'organisation constitua un choc. Mais en 2009, notre retour ne constitue qu'un ajustement qui, de fait, ne provoque aucun émoi dans le concert international", a relevé François Fillon.
Le Premier ministre s'est voulu rassurant sur les marges de manoeuvre françaises : "Nous conserverons l'indépendance de notre dissuasion nucléaire et notre liberté d'appréciation sur l'envoi de nos troupes".
"Nous sommes en mouvement, l'opposition est à l'arrêt. Nous regardons le monde, l'opposition s'observe. Nous tentons de saisir le cours de l'Histoire, l'opposition tente vainement de la freiner", a-t-il lancé en conclusion.
Le président du Mouvement Démocrate, François Bayrou, a déclaré dans les couloirs de l'Assemblée qu'il avait refusé la confiance au gouvernement "parce que c'est une décision qui tourne la page de presque un demi-siècle de fierté française".