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DSK libre, mais pas innocenté

DSK peut retourner à Washington en homme libre. Cette décision de
libération "sur parole" ("relased on his own recognition") vient d'être
rendue par le juge de New York dans le cadre de l'audience-éclair qui
s'est tenue aujourd'hui à la suite des révélations du New York Times
sur la crédibilité de la plaignante. La caution d'un million de dollars
devra par ailleurs être restituée à l'ancien directeur du FMI, qui ne
peut néanmoins quitter les États-Unis, la justice ayant conservé son
passeport. Cette libération, que le procureur avait avalisée, montre une
chose : l'accusation n'accorde plus le même crédit au récit de la
victime présumée. Mais elle n'abandonne pas pour autant les poursuites.

DSK
est libre, mais pas innocenté. Car l'enjeu judiciaire reste intact :
que s'est-il passé dans la chambre d'hôtel le 14 mai dernier entre
Nafissatou Diallo et Dominique Strauss-Kahn ? En dépit des doutes sur la
crédibilité de sa cliente, son avocat Kenneth Thomson maintient la sincérité de ses déclarations
sur lesquelles repose toute l'accusation. "DSK a laissé des hématomes
sur le corps de la victime et des photos l'attestent", a-t-il déclaré à
la sortie de l'audience. Il a ajouté que les analyses scientifiques
confirment en tous points les déclarations de la victime. "On peut
s'interroger sur le sort d'une femme qui a déjà subi des mutilations en
Afrique et qui subit de tels affronts de nouveau en Amérique." Il dément
par ailleurs la véracité des éléments sur les implications de sa
cliente dans des affaires de drogue.

Réduire les accusations ?

"Le
procureur croit-il encore en la véracité du récit de la victime ?" Si
tel n'est pas le cas, il doit se désister. Mais s'il continue à y
croire, il devra revoir les qualifications en vue de l'éventualité d'un
procès", explique l'avocat new-yorkais et ancien substitut au parquet de
New York Stephen Dreyfuss. Rien ne l'empêche en effet de réduire le
périmètre des accusations. "Si par exemple on considère qu'il y a eu
consentement de la jeune femme à l'acte sexuel établi par les analyses
scientifiques, cela ne veut pas dire qu'il ne l'a pas empêchée de partir
contre son gré. Il peut y avoir plusieurs cas de figure et plusieurs
niveaux de force", précise Me Dreyfuss.

Le procureur a d'autant
plus intérêt à conserver l'un des chefs d'accusation qu'il risque un
retour de bâton de la part de DSK, s'estimant victime d'une procédure
abusive. "Le procureur luttera bec et ongles pour soutenir le bien-fondé
de l'arrestation, car si tel n'était pas le cas, DSK pourrait assigner
la ville de New York au civil", prévient Me Dreyfuss. Mais encore
faudrait-il démontrer que l'État a commis des négligences, par exemple
en menant l'enquête de façon trop hâtive.

D'ici le 18 juillet,
date du prochain rendez-vous de DSK avec la justice américaine, une
négociation pourrait intervenir. Sauf que les avocats de DSK se montrent
pour l'heure hostiles à une telle démarche. C'est en principe à cette
prochaine audience que la défense dira au juge quelles motions
(requêtes) elle souhaite déposer sur la base des pièces qui lui seront
d'ici là communiquées par le procureur. Une motion destinée à éteindre
la procédure est donc à prévoir.

LePoint

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