Eklablog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

David Cameron et Nick Clegg, des "rivaux" devenus "collègues"

LONDRES (AP) — Rivaux pendant la campagne des législatives britanniques, David Cameron et Nick Clegg se déclarent désormais mus par un même objectif au sein d'une alliance appelée à "durer". Glissant sur leurs divergences politiques, le nouveau Premier ministre conservateur et son vice-Premier ministre libéral-démocrate ont salué mercredi leur gouvernement de coalition comme le début d'une nouvelle ère.

Dans les jardins du 10, Downing Street baignés de soleil, les deux hommes âgés de 43 ans ont affirmé que leur partenariat survivrait aux cinq ans de la législature, témoignant de leur pacte historique par des poignées de mains, de larges sourires et plusieurs plaisanteries. Ils ont en premier lieu promis de s'attaquer au déficit record de 153 milliards de livres sterling (180 milliards d'euros), mais aussi de réformer le Parlement et la législation sur les libertés individuelles.

Les Tories et les Lib Dems ont scellé un accord pour cinq ans: "nous avons un programme commun, la même détermination à nous attaquer aux défis auxquels notre pays est confronté", a assuré le leader conservateur, chargé la veille par la reine Elizabeth II de former un nouveau gouvernement, après la démission du Premier ministre Gordon Brown au terme de 13 ans de pouvoir travailliste.

"Je sais que nous pouvons" guider le pays vers des "temps meilleurs", a ajouté le plus jeune Premier ministre britannique depuis Lord Liverpool il y a près de 200 ans. "Nous n'annonçons pas simplement un nouveau gouvernement et de nouveaux ministres. Nous annonçons une nouvelle politique".

"Jusqu'à aujourd'hui, nous étions rivaux, nous sommes à présent collègues", a de son côté lancé Nick Clegg, dont la prestation dans les premiers débats télévisés de l'histoire entre les dirigeants des trois principaux partis lui avait valu une forte hausse dans les sondages. "C'est un gouvernement qui va durer", a-t-il pronostiqué.

Tous deux paraissaient profondément détendus, notamment quand un journaliste a rappelé à David Cameron la flèche qu'il avait décochée à son ancien adversaire il y a quelques années. Interrogé sur sa "plaisanterie préférée", il avait alors répondu "Nick Clegg". A ce souvenir, le leader conservateur a fait une grimace exagérée tandis que le vice-Premier ministre demandait: "vous avez vraiment dit cela?" et feignait de quitter la tribune. "Revenez", a imploré David Cameron sur un ton comique.

L'alliance entre leurs troupes était nécessaire car les conservateurs, en tête des législatives du 6 mai, n'avaient pas réussi à remporter la majorité absolue à la Chambre des Communes. Cinq jours de tractations avec les libéraux démocrates, troisièmes derrière les travaillistes, ont abouti au premier gouvernement de coalition depuis la Seconde guerre mondiale. Des compromis ont été consentis, David Cameron promettant notamment à Nick Clegg un référendum sur une réforme du système électoral qu'il appelle de ses voeux.

Les libéraux démocrates détiennent cinq portefeuilles ministériels -en comptant Nick Clegg- au sein d'un des gouvernements les moins expérimentés depuis la victoire écrasante du Labour en 1997.

Le "Lib Dem" Vince Cable, farouche critique des pratiques bancaires, a été nommé secrétaire au Commerce, un choix qui pourrait provoquer de la nervosité dans le secteur financier, tandis que le négociateur libéral-démocrate David Laws a été désigné secrétaire en chef au Trésor, un poste important en tant qu'adjoint du chancelier de l'Echiquier, le conservateur George Osborne.

Chez les Tories, William Hague prendra la tête du Foreign Office (diplomatie), tandis que Liam Fox, un député partisan du maintien de la force de dissuasion nucléaire britannique, ira à la Défense, Kenneth Clarke à la Justice, et Theresa May à l'Intérieur.

David Cameron a souligné la nécessité de réduire le déficit budgétaire, notamment en procédant à des coupes de six milliards de livres (environ sept milliards d'euros) dans les dépenses publiques. Il a également estimé que l'alliance avec les Lib Dems permettrait aux Tories d'avancer sur la réforme de l'éducation et de la protection sociale. Sur le volet européen, l'accord prévoit que la Grande-Bretagne reste en dehors de la zone euro jusqu'en 2015 au moins.

Si David Cameron et Nick Clegg ont tous deux estimé que le Labour de Tony Blair était trop lié aux intérêts de Washington, ils soutiennent la mission en Afghanistan, mais le Premier ministre espère un retrait des troupes britanniques dans les cinq ans. AP

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article