
Lars Olofsson, le nouveau directeur général de Carrefour, est sous les projecteurs ce matin pour commenter les résultats du groupe de distribution, dont il a pris la tête il y a moins de trois mois, et livrer son plan d'actions. Le distributeur français, premier européen et deuxième mondial derrière le géant mondial Wal-Mart, publie ce matin des chiffres qui, revendique-t-il, témoignent "d'une bonne résistance dans un environnement dégradé".
Carrefour communique aujourd'hui sur ses ventes hors taxes avec un chiffre d'affaires annuel global de 86,967 milliards (en hausse de 5,9%) ; en janvier, le groupe avait publié un chiffre d'affaires TTC de 97,56 milliards d'euros en hausse de 6,3% à taux de change constant (+5,7% à données courantes).
Si le résultat opérationnel avant éléments non courants atteint bien les 3,3 milliards d'euros (+0,3%) attendu par les analystes - avec une progression en Amérique latine et en Asie, qui a compensé la baisse enregistrée en France et en Europe -, le résultat opérationnel a chuté de façon bien plus nette qu'attendu. Il s'est détérioré de 16,8% à 2,76 milliards d'euros, sous l'effet de 524 millions d'euros de charges diverses, dont 396 millions d'euros en Italie. Le ratio de marge des activités courantes a baissé de 30 points de base alors que le groupe s'est engagé sur une politique de prix plus attractive.
Au final, cette année, le résultat net des activités poursuivies part du groupe affiche une dégradation de 32,8% à 1,26 milliard d'euros et le résultat net part du groupe est quasi divisé par deux (-44,7%) à 1,27 milliard d'euros. Le dividende devrait tout de même être maintenu à son niveau de 2007, à 1,08 euro.
Pour l'année en cours, le distributeur multi-formats veut donner "priorité à la dynamique commerciale". Il prévoit dans ce cadre d'investir 600 millions d'euros pour renforcer la marque Carrefour (+40% de produits MDD) et faire baisser les prix ; ces investissements seront toutefois accompagnées d'un plan d'économies de coûts de fonctionnement de 500 millions d'euros, dont les conséquences en termes d'emplois restent incertaines. Il vise en outre une "discipline et une sélectivité accrues dans les investissements, plafonnés à 2,5 milliards d'euros".
"Nos objectifs pour l'avenir sont clairs : générer de la croissance organique rentable, durable et supérieure à celle du marché, et améliorer nos marges", explique Lars Olofsson, dans un communiqué. A la clef : un renforcement des positions sur le marché domestique (la France représente 43,7% de son chiffre d'affaires) et en Europe et "une concentration des efforts de développement" dans les marchés de "croissance au plus fort potentiel".
"En France" a expliqué Lars Olofsson lors de la conférence de presse "Carrefour doit retrouver son leadership". "Il s'agit de "ré-enchanter" la marque, et l'hypermarché, et de faire de son "image prix" une arme de conquête" avec un objectif "faire de Carrefour, le commerçant préféré", c'est-à-dire générer des parts de marché.
Du côté de l'enseigne Champion, le passage à l'enseigne Carrefour Market se fera plus rapidement que prévu. A fin octobre, tout le parc concerné aura changé d'enseigne, soit avec cinq mois d'avance.
Alors que "la fusion Carrefour - Promodès n'est toujours pas achevée" notamment en France, a regretté le dirigeant, une "transformation de fond du fonctionnement du groupe" va être mise en oeuvre.
Pour l'heure, les premières tendances observées sur 2009 confirment que les arbitrages des consommateurs se poursuivent, a pointé le directeur financier du groupe Eric Reiss. En cumul, à fin février, une légère progression des ventes, hors essence, a été enregistrée, avec une "assez bonne" résistance en France. Le marché n'a pas manqué de se saisir des signaux positifs et du volontarisme de Lars Olofsson. Le titre - s'il n'est pour autant "le préféré" du marché - a ouvert en nette hausse ce matin à la Bourse de Paris. Il avait perdu 48,4% sur l'ensemble 2008 et 10% depuis janvier.