Il fallait bien que le président démocrate s'exprime sur le sujet. La polémique enfle outre-Atlantique comme d'anciens locataires de la Maison-Blanche, Jimmy Carter et Bill Clinton, affirment haut et fort que les critiques menées contre Barack Obama sont empreintes de racisme. Qu'en pensait l'intéressé, puisque c'est lui, après tout, qui a remis la question raciale sur le devant de la scène (politique) en déclarant fin juillet que la police avait "agit stupidement" en arrêtant son ami et professeur noir de Harvard, Henry Louis Gates ?
La réponse a été donné lundi soir à la télévision américaine, à l'occasion du célèbre Late Show, présenté par David Letterman sur CBS. La présence d'un président sur le plateau de cette émission humoristique n'a rien d'anodine. Obama chez Letterman, c'est un peu comme si Nicolas Sarkozy se faisait l'invité de Thierry Ardisson. Etonnant, donc, mais ô combien efficace puisque l'émission est toujours un succès.
Obama a essayé d'éluder le débat du racisme aux Etats-Unis en multipliant les bons mots. Refusant de considérer qu'il est critiqué parce qu'il est noir, le président a d'abord rappelé qu'il avait décidé de s'attaquer à d'importants dossiers et que, en conséquence, il savait qu'il serait pris pour cible par ses opposants. "Il est important de prendre conscience que j'étais noir avant d'être élu", a lâché Barack Obama avec sourire. Une idée que ses adversaires ne pourront vraisemblablement pas contredire.