Un film d'une longueur inédite, diffusé sur internet et visant un public jeune, racontant dans les détails une soirée trop arrosée finissant en sanglant drame de la route : la sécurité routière joue sur la carte de l'hyperréalisme.
Son dernier clip se présente comme un coup de poing et ne lésine ni sur les moyens, ni sur la violence du scénario et des images. Pour sa nouvelle campagne de communication, la sécurité routière joue les cartes de la jeunesse et du réalisme. La jeunesse : c'est en effet la cible privilégiée par ce court film (aux alentours de 5 minutes) diffusé sur internet et qui a été présenté dimanche soir à quelques blogueurs. Le réalisme : il s'agit de présenter, vue de l'intérieur, la soirée d'un groupe de jeunes endeuillé par un accident de la route après avoir largement abusé des boissons alcoolisées, et la fin de nuit vécue par la mère à laquelle un gendarme vient annoncer la mort de son fils, en lui demandant de venir reconnaître le corps.
Les messages ne sont pas nouveaux. Ils n'ont pas évolué depuis des années : il s'agit une nouvelle fois de marteler des mises en garde contre les méfaits de l'alcool au volant. Il est vrai qu'année après année, les jeunes restent parmi les plus exposés aux accidents mortels de la circulation, et que l'alcool au volant reste parmi les toutes premières causes de mortalité sur la route... particulièrement lors de soirées festives comme celle décrite dans ce film.
De vrais pompiers mis à contribution
Mais on est loin cette fois du "Un verre, ça va, trois verres, bonjour les dégâts". Le tournant amorcé sous la pression du style anglo-saxon, jouant volontiers sur la violence des images et des slogans pour réveiller les consciences, trouve ici une nouvelle illustration. Si les campagnes de la sécurité routière de ces dernières années, après s'être débarrassées de générations de messages mal vieillis et devenus peu efficaces, jouaient déjà sur le réalisme et la crudité des situations, la diffusion sur internet et le format inusité de ce film permettent d'en faire un mini-polar, avec alternance de scènes de fête et d'images d'accident, flash-backs et retours au présent, le tout monté de manière saccadée pour irriter un peu plus les nerfs des spectateurs.
Le titre correspond bien au ton comme à l'histoire elle-même : "Insoutenable". Insoutenable, comme ce gendarme qui attend, nez baissé, pour annoncer à une mère la mort de son fils. Insoutenable, comme le déroulement hyper-réaliste de cet accident, et les images de blessés ensanglantés qui s'agitent dans la carcasse d'une voiture, pendant qu'un corps immobile gît sur la chaussée. Et si le scénario est fictif, il reprend le déroulement de multiples accidents bien réels, et ce sont d'authentiques pompiers qui ont été mis à contribution lors de ce film.
(lci.fr)