Au moins seize personnes ont été tuées et soixante-dix blessées dans un attentat-suicide à l'aide d'une camionnette remplie d'explosifs à Nazran, principale ville d'Ingouchie, une république du Caucase en proie à une rébellion islamiste qui multiplie les attaques contre les autorités.
Vers 9 heures (7 heures à Paris), "une camionnette a défoncé le portail du bâtiment de l'état-major de la police municipale et est entrée dans la cour. Une puissante explosion a ensuite retenti", explique le comité d'enquête du parquet fédéral de Russie dans un communiqué. L'attaque s'est produite au moment où les policiers étaient rassemblés dans la cour pour une réunion, précise le responsable du comité d'enquête.
Interrogé par l'AFP, un porte-parole du président ingouche a précisé que onze enfants se trouvaient parmi les blessés et que tous les morts étaient des policiers. "L'explosion était de très forte puissance", ajoute pour sa part une source au ministère de l'intérieur ingouche, citée par Interfax, soulignant qu'il y avait "au moins 50 kilos de TNT". La camionnette s'est dirigée vers le dépôt d'armement de la police, provoquant l'explosion de munitions stockées dans la bâtiment, selon un policier.
"TENTATIVE DE DÉSTABILISER LA SITUATION ET DE SEMER LA PANIQUE"
Réagissant à cet attentat, le président russe, Dmitri Medvedev, a chargé son ministre de l'intérieur, Rachid Nourgaliev, de mettre de l'ordre dans les structures policières ingouches et de renforcer les effectifs. Cette attaque intervient quelques jours après l'annonce par le Kremlin que le président de l'Ingouchie, Iounous-Bek Evkourov, a repris officiellement ses fonctions après avoir été grièvement blessé fin juin dans une tentative d'assassinat.
Cette république frontalière de la Tchétchénie est touchée par une rébellion qui s'inspire des mouvements indépendantistes et islamistes ayant lutté contre Moscou au cours de deux guerres en Tchétchénie pendant les années 1990 et au début des années 2000. Des attaques visent fréquemment les autorités et les forces de l'ordre.
M. Evkourov a affirmé que des islamistes étaient derrière l'attentat. "Il ne fait aucun doute que c'est l'œuvre de combattants qui cherchent à accroître leur importance. Il s'agit d'une tentative de déstabiliser la situation et de semer la panique", a ajouté M. Evkourov, qui a exigé un accroissement des mesures de sécurité autour des bâtiments publics. La semaine dernière, le ministre de la construction ingouche, Rouslan Amerkhanov, avait été tué par balles dans son bureau à Magas, capitale administrative de l'Ingouchie