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Anders Breivik placé en détention provisoire

L'auteur présumé du carnage va passer huit semaines en détention,
dont un mois à l'isolement. Lors de sa comparution, il a évoqué
l'existence de deux cellules supplémentaires dans son organisation. Le
bilan des attentats a été revu à la baisse avec 76 morts.


Le Norvégien Anders Behring Breivik, auteur présumé de l'attentat d'Oslo et de la tuerie de l'île d'Utoeya,
a comparu à huis-clos pendant 35 minutes lundi en début d'après-midi
devant un juge. Le juge a accédé aux demandes de la police et a ordonné
son placement pour une période renouvelable de huit semaines en détention provisoire -
le double de la durée habituelle. Quatre d'entre elles seront passées
en isolement. Seul dans sa cellule, il ne pourra recevoir ni visite ni
lettre. Le magistrat Kim Heger a indiqué que le suspect risquait de
corrompre des éléments de preuve. Breivik a fait des déclarations lors
de l'audience qui nécessitent des investigations supplémentaires. Il a
affirmé que deux cellules supplémentaires faisaient partie de son
organisation

Lors de sa comparution, Anders Behring Breivik a
admis les faits mais a plaidé non coupable, a révélé le juge. Le suspect
a expliqué avoir voulu sauver la Norvège et l'Europe de l'islam et le
marxisme, en envoyant un signal fort. Il a en revanche asuré que son but
n'avait pas été de faire le maximum de victimes possibles. La fusillade
qui a décimé le rassemblement politique de jeunes travaillistes sur
l'île d'Utoeya a fait 68 morts; selon un nouveau bilan. Durant ses
interrogatoires, il s'est dit prêt à passer toute sa vie en prison

Le
terroriste est arrivé au tribunal d'Oslo vers 13h45 en empruntant une
entrée située derrière le bâtiment. Son arrivée a été mouvementée. Des
personnes s'en sont pris au véhicule au véhicule qui le transportait,
une Mercedes blindée, en criant «traître» et «salaud d'assassin». Un de
ces manifestants, un musulman norvégien de 24 ans, a expliqué avoir
perdu des amis dans la fusillade d'Utoeya.

Anders Behring
Breivik n'a pas été autorisé à comparaître en uniforme, comme il le
demandait. De même, sa requête pour une audience publique a été refusée.
«Une audience publique peut déclencher une situation extraordinaire et
extrêmement délicate eu égard à l'enquête et à la sécurité», a justifié
le juge Kim Heger.Le suspect avait dévoilé dans son manifeste vouloir
profiter de son audience pour y tenir un discours.

 

Breivik voulait comparaître en uniforme.
Breivik voulait comparaître en uniforme. Crédits photo : -/AFP

 

D'après
la procédure norvégienne, Anders Behring Breivik est toujours considéré
comme suspect, et ne pourra être inculpé qu'à l'issue de l'enquête de
police. D'après la police norvégienne, le procès d'Anders Behring
Breivik pourrait intervenir d'ici un an. Si la loi ne prévoit pas en
théorie de peine supérieure à 21 ans d'emprisonnement, la sentence peut
être durcie si la justice estime qu'il y a un risque de récidive. «En
théorie, il peut rester en prison pour le restant de sa vie», selon
Staale Eskeland, professeur de droit pénal à l'université d'Oslo.

Balles à fragmentation

La
presse norvégienne et la police du pays ont dévoilé de nouveaux détails
sur la préparation de la sanglante journée de vendredi, où 76 personnes
en tout ont trouvé la mort. Anders Behring Breivik était adhérent du
mouvement de droite «Parti du Progrès» depuis près de 10 ans lorsqu'il
en a claqué la porte, estimant le parti trop «politiquement correct». Il
aurait alors commencé à élaborer son plan à partir de 2009 afin de
«résister» au multiculturalisme et au «marxisme culturel».

Le jeune homme, qui écrivait dans le même temps un manifeste de 1500 pages publié sur Internet peu avant les attaques,
se serait endetté et aurait entrepris des recherches sur la fabrication
d'explosifs. Pendant plus de trois mois, il a tenté de confectionner
des bombes à partir de mélange d'engrais, de produits chimiques et
d'aspirine, avant d'arriver à la fabrication de la bombe qui a explosé
vendredi devant le bureau du premier ministre travailliste norvégien.

Anders
Behring Breivik aurait également commencé à enterrer des munitions dès
2010. Selon un chirurgien ayant soigné des blessés du massacre de l'île
d'Utoeya, où se trouvaient 700 jeunes adhérents du parti travailliste, le tireur aurait employé des balles à fragmentation
afin de maximiser les dégâts. «Ces balles n'explosent pas à l'intérieur
du corps mais se fragmentent en morceaux plus vite que les autres
balles», explique le médecin.

Assassinat avorté d'une ex-premier ministre

Le quotidien Aftenposten révèle également ce lundi matin que Anders Behring Breivik projettait initialement d'assassiner l'ex-premier ministre Gro Harlem Brundtland,
qui se trouvait vendredi sur l'île d'Utoeya. La dirigeante
travailliste, trois fois premier ministre dans les années 1980 et 1990,
avait prononcé un discours devant les jeunes du parti venus participer à un grand camping festif.

Selon des sources anonymes, le principal suspect aurait expliqué lors de son interrogatoire qu'il souhaitait tuer celle qui incarne le modèle de la social-démocratie norvégienne,
et qui est parfois surnommée «la mère de la nation». Mais un
contre-temps l'aurait empêché d'arriver avant le départ de l'ex-premier
ministre de l'île.

Une minute de silence en hommage aux victimes a
été observée à midi dans le pays. Une procession funèbre aux chandelles
est organisée dans la soirée.Le cortège se dirigera à partir de 18
heures de la mairie à la cathédrale d'Oslo. Une délégation de membres de
tous les partis politiques norvégiens y participera, portant une rose
rouge, symbole du Parti travailliste.

Oslo: le bilan ramené à 76 morts

La police norvégienne a ramené lundi à 68, contre 86 précédemment, le nombre de morts lors de la fusillade de vendredi à Utoya, invoquant la difficulté de réunir et de synthétiser les renseignements sur ce qui s'est passé sur cette île.

Dans le même temps, le bilan de l'attentat à la bombe dans le quartier des ministères à Oslo, commis quelques heures plus tôt, s'est alourdi à huit morts, contre sept jusqu'à présent.

Au total, les attaques menées vendredi dernier ont ainsi fait 76 morts au vu du dernier bilan.

LeFigaro

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