Les débris d'avion découverts mardi 2 juin par l'armée de l'air brésilienne et qui pourraient être ceux de l'A330 d'Air France disparu constituent "une piste très sérieuse", a estimé l'état-major des armées à Paris, interrogé par l'AFP.
"Ce qu'ils ont trouvé semble être une piste très sérieuse", a déclaré le capitaine de vaisseau Christophe Prazuck, de l'état-major, précisant qu'un appareil français qui participait aux recherches avait été dérouté vers la zone où ont été découverts ces débris.
Le dispositif de recherche français, constitué de deux Atlantique 2 et d'un Falcon 50, doit être renforcé mercredi par un avion radar Awacs dont le déploiement a été annoncé par le Premier ministre François Fillon à la tribune de l'Assemblée nationale.
L'armée de l'air brésilienne a annoncé la découverte de "petits débris", à 650 km au nord-est de l'île de Fernando de Norohna, sans pouvoir confirmer qu'ils provenaient de l'Airbus A330 disparu avec 228 personnes à bord.
L'armée a vu des "vestiges et petits débris d'un avion dans l'ocean", a déclaré le colonel Jorge Amaral, à la presse à Brasilia. Les restes de l'avion ont été détectés au milieu de l'océan au cours des recherches nocturnes par un avion Embraer R-99, version brésilienne de l'avion radar Awacs, qui a identifié à l'aube des "anomalies de pièces métalliques et non métalliques dans l'eau". Un avion a été envoyé sur la zone au lever du soleil et a confirmé à 6H49 locales (09H49 GMT) la présence de débris dispersés dans un rayon de 60 km.
Parmi les objets figure notamment "un siège d'avion", a précisé l'armée. Les militaires ont aperçu également "des petites taches blanches, une bouée orange, un récipient" et des taches de combustible. Interrogé sur la possibilité de retrouver des survivants, le colonel a dit que "non". Le capitaine de vaisseau Christophe Prazuck, porte-parole de l'état-major des armées françaises, a de son côté, déclaré que les recherches s'effectuent dans des conditions météo "assez mauvaises" et au-dessus de l'équivalent sous-marin de la Cordillère des Andes. Il a souligné que la découverte des débris de l'appareil, qui pourraient "être étalés sur une superficie assez grande", devrait permettre de déterminer "la position à laquelle l'avion a touché la mer, et donc la position à partir de laquelle on peut rechercher des débris plus importants, voire des boîtes noires sous l'eau".
Les recherches ont lieu en plein océan Atlantique, une zone de turbulences où se rencontrent des masses d'air des hémisphères nord et sud et appelée "pot au noir"
"Il faut quand même bien avoir en tête que la zone dans laquelle nous faisons ces recherches surplombe la dorsale médio-atlantique, c'est-à-dire cette chaîne de montagnes -l'équivalent de la Cordillère des Andes- qui prend naissance au fond de l'Atlantique", a expliqué Christophe Prazuck. D'après lui, "la recherche ultérieure d'éléments qui seraient posés au fond de l'océan sera très difficile car le relief sous-marin est très abrupt, et il est surplombé par 4.000 mètres de fond".
Le porte-parole de l'armée brésilienne a dit qu'on ne pouvait pas confirmer qu'il s'agissait de l'avion d'Air France tant qu'au moins "une pièce avec un numéro de série, une identification" n'aurait pas été retrouvée.
Des avions mobilisés par la France, le Brésil et les Etats-Unis scrutent depuis hier la zone au-dessus de l'Atlantique où l'appareil d'Air France, est susceptible d'avoir disparu. La localisation des débris indiquerait que "l'appareil a essayé de virer à droite. Il se peut qu'il ait eu un problème et qu'il ait essayé de revenir à Fernando de Noronha", a dit le colonel à l'AFP.
Il a souligné qu'il était encore trop tôt pour tirer des conclusions.
Les appareils français sont également équipés de canots et de matériel de survie qui peuvent être lancés à la mer.
"Les recherches seront poursuivies aussi longtemps que nécessaire, les moyens sont déployés sur zone et nous les mettrons à disposition autant qu'il sera nécessaire", a déclaré le ministre de la Défense Hervé Morin.
"Nous avons dépêché sur zone" le TCD (transport de chaland de débarquement) "La Foudre", "qui part du Portugal pour rejoindre la zone", et la frégate de surveillance "Le Nivôse", qui menait des opérations de surveillance du narco-trafic dans les Antilles, par ailleurs indiqué Hervé Morin. Un AWACS et un avion ravitailleur devaient également décoller mardi après-midi et arriver sur zone mercredi, a-t-il précisé.
Les Etats-Unis ont envoyé un avion militaire d'observation et une équipe de sauvetage pour participer aux recherches, après que Paris a fait appel aux moyens du Pentagone, notamment satellitaires.
"Les Etats-Unis accorderont toute l'assistance nécessaire pour trouver ce qui s'est passé", a déclaré le président Barack Obama.
(Nouvelobs.com avec AFP)